5 Fév 2026, jeu

100 jours de Donald Trump : retour fracassant, méthode radicale, impact mondial

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Cent jours après son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a déjà imprimé sa marque avec la force d’un bulldozer idéologique. De Washington à Pékin, de Gaza à New Delhi, en passant par le Canal de Panama, son second mandat, à peine entamé, se distingue par une série de décisions à fort impact, souvent improvisées, parfois déstabilisatrices, toujours explosives.

Fidèle à sa ligne « America First », le président américain a transformé la présidence en instrument personnel de confrontation. Ses premières mesures économiques notamment l’instauration massive de droits de douane, l’éviction des élites traditionnelles et la nomination de profils ultraradicaux ont immédiatement fracturé les marchés, creusé les tensions commerciales, et fragilisé la diplomatie américaine. En parallèle, il a mené une offensive frontale contre les piliers institutionnels qui ont entravé son premier mandat : justice, presse, universités, bureaucratie fédérale.

Mais ces cent jours ne se résument pas à une guerre interne. À l’international, Trump a rebattu les cartes. Il a offert à la Russie un plan de sortie de guerre, bousculé l’alliance transatlantique, humilié l’ONU, et accentué le bras de fer commercial avec la Chine jusqu’à frôler la rupture. L’Amérique latine, malmenée sur l’immigration, a plié sous les pressions économiques ; l’Afrique, elle, a essuyé des coupes brutales dans l’aide américaine, tandis que le Moyen-Orient voit les illusions d’un Trump faiseur de paix s’évanouir dans le fracas des bombes sur Gaza.

Notre analyse dresse un état des lieux complet de ce début de mandat : ses actes, ses doctrines, ses ruptures, ses conséquences. Car ces 100 premiers jours sont bien plus qu’un coup d’éclat. Ils annoncent un second mandat plus radical, plus idéologique, et potentiellement plus dangereux que le premier. Voici comment Donald J. Trump, en cent jours, a secoué le monde.

Trump gouverne par surprise, chaos et droits de douane

Au cours des trois derniers mois, Trump et son équipe ont pris des mesures qui ont surpris même certains observateurs chevronnés : de l’application des méthodes du Département de l’efficacité gouvernementale d’Elon Musk à l’administration fédérale, à l’imposition de droits de douane élevés à la plupart des partenaires commerciaux des États-Unis.

Le chaos qui émane désormais de la Maison Blanche a déjà remodelé les relations des États-Unis avec leurs alliés et leurs ennemis, ainsi que la perception de Washington sur la scène internationale.

Trump a conclu des accords avec des pays d’Amérique latine pour les aider à contrôler l’immigration, notamment avec le Salvador, qui a accueilli dans son système carcéral des centaines de personnes expulsées des États-Unis sans procédure régulière. Il a présenté à l’Ukraine un cadre d’accord de paix qualifié « d’offre finale », prévoyant des avantages tangibles pour une Russie revancharde. Son administration a également lancé une première offensive commerciale contre la Chine, imposant un droit de douane minimum de 145 % sur la plupart des marchandises à destination des États-Unis.

Les 100 premiers jours du second mandat de Donald Trump ont mis à l’épreuve les radicaux et les néophytes qu’il a placés à des postes économiques clés, leur demandant de réussir là où les « adultes responsables » de son premier mandat ont échoué : remodeler les règles de l’économie mondiale pour servir le programme « America First ».

Jusqu’à présent, les résultats sont catastrophiques. Sa politique commerciale est passée de menaces creuses à des droits de douane extrêmes, suivis de reculs humiliants, perturbant les marchés et sapant la confiance dans le leadership économique américain. Si l’administration ne parvient pas à discipliner son approche, Trump risque de ne jamais atteindre ses objectifs laissant les États-Unis plus pauvres et affaiblis.

Les milieux d’affaires et les partenaires commerciaux espéraient que ce second mandat ressemblerait au premier : certes plus protectionniste, mais avec une ligne directrice. Mais Robert Lighthizer, ancien représentant au commerce (2017-2021), a été écarté, Trump le jugeant « trop effrayé pour voir grand ».

Trump a vu grand, mais avec chaos. Il a menacé d’imposer des droits de douane de 100 % aux pays membres des BRICS s’ils réduisaient leurs transactions en dollars, a imposé (puis en partie levé) des taxes au Canada et au Mexique, et a fortement augmenté les droits sur l’acier, l’aluminium et les importations automobiles.

Le coup de grâce : le 2 avril, Trump a annoncé des droits de douane dits « réciproques » atteignant jusqu’à 50 %, fondés sur une formule grossière qui a fait dérailler les marchés financiers, avant de battre en retraite.

Aucun membre de son équipe tous des novices, à l’exception de Jamieson Greer (ancien collaborateur de Lighthizer) et Peter Navarro (protectionniste radical) n’a pu justifier, encore moins contenir, les décisions présidentielles.

Howard Lutnick, secrétaire au Commerce, a prédit que les nouveaux tarifs créeraient « des millions d’emplois » malgré les licenciements rapportés par les industriels. Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a affirmé que les droits de douane n’étaient « qu’une stratégie de négociation » en contradiction avec Navarro et Lutnick.

Mais c’est avec la Chine que les dégâts sont les plus graves. À la différence du premier mandat, où Lighthizer maintenait le dialogue, Pékin a riposté cette fois-ci. Une spirale de représailles tarifaires s’est engagée. Personne dans l’équipe Trump ne semble apte à la désamorcer.

L’Amérique latine monte dans les priorités pour de mauvaises raisons

L’obsession de Donald Trump pour les expulsions massives a propulsé l’Amérique latine en tête de sa politique étrangère. En d’autres circonstances, cette attention aurait pu être saluée. Il est rare, en effet, qu’un secrétaire d’État américain commence son mandat par un voyage régional, comme Marco Rubio en février, au Panama, Salvador, Costa Rica, Guatemala et République dominicaine.

Mais l’un des objectifs de Rubio était de préparer le terrain pour les expulsions vers une prison de haute sécurité au Salvador. Les États-Unis y ont transféré des migrants accusés de liens avec des gangs, bien que la majorité n’ait pas de casier judiciaire et aient été ciblés uniquement en raison de tatouages.

Malgré cette brutalité, plusieurs dirigeants latino-américains ont coopéré même ceux ne cherchant pas forcément à plaire à Trump. Cela reflète deux choses : une tendance régionale à copier les politiques migratoires restrictives américaines et un effort pour éviter les représailles économiques de Washington.

Trump a menacé le Mexique de droits de douane de 25 %, ne cédant qu’après d’importantes concessions. Au Panama, il a mêlé pressions anti-Chine et menaces sur les infrastructures critiques. Rubio a promis « prospérité économique commune », mais peu de détails ont suivi.

Les États-Unis restent un acteur clé en Amérique centrale et au Mexique, mais en Amérique du Sud, la Chine domine de plus en plus les échanges. Les pressions américaines n’y trouvent plus le même écho. Face aux nouvelles barrières commerciales imposées par Trump, la région se diversifie : Mercosur relance un accord avec l’UE, Mexico négocie avec Bruxelles, l’Inde et le Japon multiplient les visites diplomatiques.

Le seul effet visible du second mandat de Trump, pour l’instant, est d’encourager ces pays à élargir leurs alliances.

Les politiques de Trump offrent une couverture idéale à la Chine

Vue de Pékin, l’attitude du président Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche confirme le bien-fondé de la vision stratégique de Xi Jinping : celle d’un monde en mutation profonde. Trump apparaît comme une justification parfaite de l’engagement chinois à renforcer son autonomie stratégique.

Face à des tarifs américains pouvant atteindre 145 %, la Chine a riposté avec un arsenal étoffé : mesures tarifaires, listes d’entités non fiables, enquêtes anti-monopole, élargissement des contrôles à l’exportation… Contrairement à d’autres alliés des États-Unis, Pékin ne semble pas surpris. La Chine s’est préparée à cette confrontation dès 2018, accumulant de l’expérience face à la rivalité croissante avec Washington.

Le pouvoir chinois a incité ses entreprises publiques à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement et à se diversifier à l’étranger. Des lois locales interdisent même aux sociétés opérant en Chine de se conformer aux sanctions étrangères, créant ainsi un dilemme pour les multinationales.

Les sanctions occidentales imposées après l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 ont renforcé la volonté chinoise d’étendre une infrastructure financière fondée sur le yuan, afin de réduire leur vulnérabilité.

Aujourd’hui, les politiques agressives de Trump offrent aux dirigeants chinois une couverture politique idéale. Elles masquent les faux pas récents de Xi Jinping, en légitimant une ligne dure présentée comme patriotique et en motivant les entrepreneurs à coopérer avec l’État, au nom d’un intérêt supérieur.

Même si la répression technologique en Chine a refroidi certains milieux d’affaires, le chaos créé par Trump offre à Pékin une image de stabilité relative. Le Quotidien du Peuple invite d’ailleurs les investisseurs à « se protéger de l’incertitude américaine par la stabilité chinoise ».

Un sommet Trump-Xi semble désormais improbable. Mais un livre blanc récent de Pékin plaide pour un dialogue d’égal à égal preuve que la Chine n’exclut pas un accord, à condition que Trump abandonne sa stratégie de pression maximale.

Trump compte sur Modi pour apaiser les tensions

Durant son premier mandat, Trump avait courtisé le Premier ministre indien Narendra Modi. À Houston comme à Ahmedabad, les deux hommes avaient affiché une entente spectaculaire. Et même si Trump se moquait en privé de l’accent de Modi, la diplomatie personnelle est restée intacte.

Cette relation repose sur un fond commun : la méfiance envers la Chine. Modi, convaincu que Trump serait encore plus imprévisible en second mandat, s’est rendu aux États-Unis début février. Il a promis d’atteindre 500 milliards de dollars de commerce bilatéral d’ici 2030, et a accepté provisoirement d’acheter des avions de chasse F-35.

Mais tout n’est pas fluide. L’immigration illégale indienne irrite Washington, et New Delhi a dû accepter discrètement l’expulsion de plusieurs centaines de ses ressortissants. Sur le plan des visas H-1B, si l’Inde plaide pour la flexibilité, les conseillers de Trump sont opposés à tout assouplissement.

Trump a également qualifié l’Inde de « roi des tarifs douaniers », et un rapport récent du Bureau du commerce américain pointe de nombreuses barrières indiennes. Les négociations commerciales restent donc tendues.

Trump a suspendu, début avril, la hausse des droits de douane pendant 90 jours. Les diplomates indiens vont désormais tenter de prolonger ce sursis.

Quelle est la doctrine de politique étrangère de Trump ?

Après 100 jours de second mandat, peut-on vraiment parler d’une doctrine Trump ? À l’image de la doctrine Monroe au XIXᵉ siècle ou de la doctrine Reagan des années 1980, Trump semble bel et bien suivre une ligne claire, bien que déconcertante pour certains. Contrairement à l’idée reçue d’un président imprévisible, sa vision du monde repose sur trois piliers fondamentaux :

America First, un principe absolu

Pour Trump, l’exceptionnalisme américain est non négociable. Là où Joe Biden opposait démocratie et autocratie, Trump trace une ligne entre les États-Unis et le reste du monde. Dans sa carte mentale, Washington est seul contre tous, et sa survie passe par une autonomie maximale.

Les États-Unis se font “arnaquer”

Trump estime que ses prédécesseurs ont trahi le peuple américain en cédant trop de pouvoir, d’argent et de responsabilité à des partenaires qui en ont abusé. Résultat : accords commerciaux injustes, alliances coûteuses, frontières poreuses. Sa mission est de « rééquilibrer » cette injustice.

Intensifier les tensions pour les désamorcer

Inspiré par son ouvrage L’art de négocier, Trump préfère les menaces spectaculaires aux discussions subtiles. Il pousse ses adversaires dans leurs retranchements afin de les forcer à revenir à la table pour signer un « meilleur accord ».

Ce triptyque simplifié permet de comprendre les positions récentes de Trump sur les frontières, l’OTAN, la Chine, l’Iran ou encore l’Ukraine. Son imprévisibilité est réelle sur la forme, mais prévisible sur le fond : la confrontation est pour lui un outil de gouvernance.

Les alliés d’extrême droite de Trump en Europe perdent du terrain

Donald Trump a été le premier à reculer, évitant pour l’instant une guerre commerciale avec l’Union européenne. Mais le mal est fait. Après des semaines de tensions et d’invectives lancées par de hauts responsables de son administration, les Européens se détournent rapidement des États-Unis.

Un sondage mené en mars dans neuf pays européens révèle que 63 % des sondés estiment que Trump rend le monde « moins sûr », et 51 % le considèrent comme un « ennemi de l’Europe ». Fait notable, c’est dans les pays historiquement les plus proches des États-Unis, comme le Danemark et les Pays-Bas, que cette perception est la plus négative.

Cette désaffection a un effet secondaire inattendu : certains partis d’extrême droite, jusque-là proches de Trump, commencent à perdre du terrain dans l’opinion publique. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le leader néerlandais Geert Wilders, parmi les plus fervents partisans de Trump sur le continent, voient leur popularité décliner.

Leur soutien au rapprochement avec Moscou semblait autrefois tactique. Mais alors que Trump apparaît déterminé à affaiblir l’Union européenne et à diviser ses membres, même les dirigeants populistes européens se montrent désormais mal à l’aise.

Résultat surprenant : les Européens se rassemblent autour de leur propre bannière celle de l’Union. L’Eurobaromètre de l’hiver dernier indique que 74 % des citoyens de l’UE considèrent l’adhésion comme bénéfique à leur pays, un niveau record depuis 1983. En mars, des milliers de personnes ont même manifesté à Rome pour réclamer plus d’unité européenne, une scène rare.

En somme, ceux qui voyaient en Trump un allié stratégique découvrent qu’avec lui, même l’extrême droite européenne n’a pas besoin d’ennemis.

L’exception de 397 millions de dollars de Trump pour le Pakistan

Fin février, l’administration Trump a surpris en exemptant 397 millions de dollars d’aide sécuritaire au Pakistan de sa vaste suspension de l’aide étrangère. Ce montant est destiné à financer un programme de surveillance des avions de chasse F-16 pakistanais de fabrication américaine, afin de garantir qu’ils ne soient utilisés qu’à des fins antiterroristes et non contre l’Inde.

Depuis janvier 2018, au tout début du premier mandat de Trump, la majorité de l’aide sécuritaire au Pakistan avait été gelée. À l’heure où Washington se recentre sur d’autres priorités depuis le retrait d’Afghanistan, ce geste semble relever d’un pragmatisme stratégique.

Quelques jours après l’annonce du programme de surveillance, Trump a salué publiquement la coopération du Pakistan dans l’arrestation d’un militant de l’État islamique impliqué dans une attaque meurtrière contre des soldats américains à Kaboul en 2021. Ce message a clairement désigné Islamabad comme un partenaire utile bien que limité dans la lutte contre le terrorisme.

Mais que se passerait-il si l’administration Trump concluait que le Pakistan détournait l’usage de ses F-16 ? En 2019, l’Inde avait affirmé en avoir abattu un lors d’un accrochage militaire. Des responsables américains avaient alors affirmé qu’aucun F-16 ne manquait à l’appel, tout en exprimant leur mécontentement sur la façon dont ils étaient utilisés.

Aujourd’hui, l’approche « America First » de Trump est encore plus affirmée : toute aide étrangère doit servir directement les intérêts américains. Ainsi, si Islamabad ne respecte pas ses engagements, il ne faut pas s’attendre à la moindre indulgence de Washington.

Trump a-t-il une politique africaine ?

Malgré les attentes suscitées par son retour, Donald Trump n’a toujours pas défini de politique étrangère claire à l’égard de l’Afrique. Pourtant, en seulement 100 jours, plusieurs décisions ont profondément affecté le continent. La suspension temporaire de l’aide étrangère à l’exception de l’Égypte et le démantèlement accéléré de l’USAID ont forcé des pays comme le Nigeria à débloquer en urgence des fonds pour l’achat de médicaments.

L’Afrique du Sud a été particulièrement ciblée. Un décret signé par Trump accorde le statut de réfugié aux Afrikaners descendants de colons néerlandais et réduit drastiquement l’aide américaine, en représailles à la nouvelle loi foncière du pays, perçue comme une menace contre les intérêts des Blancs sud-africains. Ce geste, soutenu en coulisse par des proches de Trump comme Elon Musk, a provoqué des tensions avec le gouvernement de Cyril Ramaphosa, malgré ses tentatives de réconciliation.

Face à ces pressions, certains États africains prennent les devants. La République démocratique du Congo, par exemple, a proposé un accord « minerais contre sécurité », dans l’espoir d’un soutien contre les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda. D’autres pays, comme la Somalie, pourraient emboîter le pas pour éviter les coupes budgétaires et préserver une coopération sécuritaire.

Mais les conséquences de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ne sont pas négligeables : elles affectent indirectement les économies africaines, très dépendantes des échanges avec Pékin. L’avenir incertain de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), principal accord commercial entre les États-Unis et plusieurs pays africains, pousse certains d’entre eux à diversifier leurs partenariats. L’Afrique du Sud, entre autres, a annoncé chercher de nouvelles alliances économiques.

Ironie du sort : la politique erratique de Trump pourrait encourager une Afrique plus indépendante. Si les dirigeants africains saisissent l’occasion pour réformer leurs économies et consolider de nouveaux réseaux, ils pourraient sortir de ce second mandat de Trump moins dépendants de Washington qu’auparavant.

Trump ne gagne pas de terrain au Moyen-Orient

Si Donald Trump a entamé son second mandat avec fracas, sa stratégie au Moyen-Orient s’avère jusqu’ici décevante. Lui qui promettait des avancées spectaculaires en matière de sécurité et de paix régionale donne l’image d’un président hésitant, parfois dépassé par la complexité des équilibres locaux.

Certes, il a autorisé une offensive militaire pour repousser les Houthis de la mer Rouge et, indirectement, d’Israël, mais les autres dossiers brûlants de la région stagnent. Sur la question israélo-palestinienne, Trump a échoué à stabiliser le cessez-le-feu négocié en amont par Joe Biden. Pire, son soutien sans réserve à une nouvelle offensive israélienne à Gaza fait planer le risque d’un embrasement durable.

Avec l’Iran, la posture belliqueuse a vite montré ses limites. Les exigences maximalistes de Washington – fin du programme nucléaire, retrait des milices, réduction des capacités balistiques se sont heurtées à une réalité diplomatique plus rugueuse. Le président et son émissaire Steve Witkoff n’ont rien obtenu de concret, et Trump semble désormais prêt à signer une version rénovée de l’accord nucléaire de 2015, celui-là même qu’il avait dénoncé avec fracas. Rebaptisé pour flatter l’égo du président, ce « Plan d’action global Trump » risque de n’être qu’un habillage stratégique sans changement de fond.

Quant à la promesse d’arracher une normalisation historique entre Israël et l’Arabie saoudite, elle semble aujourd’hui reléguée aux oubliettes. La guerre à Gaza a refroidi Riyad, qui temporise, prudent face à l’image ternie de Washington dans le monde arabe.

Après 100 jours, il est clair que l’ambition de Donald Trump de redéfinir l’ordre moyen-oriental se heurte à des résistances profondes autant locales qu’au sein de sa propre administration. Le président, qui se voulait stratège hors norme, semble naviguer à vue dans une région qui, plus que jamais, exige constance, nuance… et crédibilité.

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