5 Fév 2026, jeu

28 morts, les appels de Kiev ignorés, la pression occidentale s’essouffle

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Une attaque de drones et de missiles a frappé la capitale ukrainienne mardi matin, causant la mort de 28 personnes et faisant 142 blessés. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière sur Kiev depuis le début de l’année. Un immeuble résidentiel a été touché de plein fouet, et la frappe sur un hôpital à Beersheva a ravivé l’émotion dans tout le pays.

En visite sur les lieux du drame dans le quartier Solomianskyi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déposé des fleurs en hommage aux victimes. Aux côtés du ministre de l’Intérieur Ihor Klymenko et du chef de son cabinet Andriy Yermak, il a dénoncé une « attaque délibérée contre des civils » et appelé à « renforcer la pression sur Moscou jusqu’à un cessez-le-feu effectif ».

« Cette attaque rappelle au monde que la Russie refuse le cessez-le-feu et choisit de tuer », a écrit le chef de l’État sur Telegram.

Un bilan humain lourd, des réponses politiques en suspens

Selon l’administration militaire de la capitale, la salve de missiles a frappé Kiev dans les premières heures de la matinée, semant le chaos dans plusieurs quartiers. L’armée ukrainienne estime que plus de 440 drones et 32 missiles ont été tirés au cours de cette seule nuit.

Moscou nie toute attaque ciblée sur des zones résidentielles. Le président Vladimir Poutine a assuré que les frappes visaient uniquement « des infrastructures militaires ». Une affirmation contredite par les images et les témoignages recueillis sur place.

Alors que la guerre dépasse les trois ans, les efforts diplomatiques peinent à porter leurs fruits. Le président russe a rejeté la proposition d’un cessez-le-feu de 30 jours formulée par Donald Trump, désormais en campagne. Poutine exige un gel des livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine et la fin de la mobilisation militaire du pays.

Sur la scène internationale, les tensions au Moyen-Orient et les préoccupations économiques mondiales, notamment autour des droits de douane américains, détournent l’attention des soutiens traditionnels de l’Ukraine.

Un espoir fragile : l’échange de prisonniers se poursuit

Dans la région de Tchernihiv, un échange de prisonniers a permis à plusieurs dizaines de soldats ukrainiens de retrouver la liberté. Beaucoup avaient été capturés à Marioupol en 2022 et souffrent de graves blessures. La Russie a confirmé l’opération et publié une vidéo de soldats russes regagnant le territoire via la Biélorussie.

« Nous n’abandonnerons aucun des nôtres », a insisté Zelensky dans un message à la nation. Un nouveau cycle d’échanges est déjà en préparation.

Une guerre toujours plus meurtrière, une paix encore lointaine

À Kiev, le silence des rues après les frappes contraste avec l’agitation diplomatique. Alors que le front reste actif sur près de 1 000 kilomètres, les Ukrainiens attendent des mesures concrètes de la communauté internationale. Pour eux, la paix ne peut attendre que les circonstances deviennent favorables.

« La pression sur Moscou doit être totale, immédiate et soutenue. Chaque jour de retard coûte des vies », a martelé un haut responsable ukrainien.

Paul Lamier Grandes Lignes

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