5 Fév 2026, jeu

À droite, Nicolas Sarkozy, toujours présent malgré les affaires

À droite, Nicolas Sarkozy, toujours présent malgré les affaires

Remis en liberté ce lundi, l’ancien président garde une influence intacte sur la droite française. Vénéré par une partie des électeurs LR, observé avec prudence par ses rivaux, Nicolas Sarkozy demeure une figure que personne ne peut ignorer.

Une figure toujours magnétique pour la droite

Treize ans après avoir quitté l’Élysée, Nicolas Sarkozy reste un repère pour toute une partie de la droite. Les images de sa remise en liberté ont rappelé à quel point son nom continue de susciter émotion et fascination. Dans ses bureaux de la rue de Miromesnil, il recevait encore, avant son incarcération, de jeunes élus en quête d’orientation politique.

« Le lien entre lui et son camp est indéfectible », confie un proche. Malgré ses condamnations et les années écoulées, la “sarkomania” n’a pas disparu.

Le poids persistant d’un héritage politique

Un sondage Ifop publié lundi par L’Opinion le confirme : 76 % des sympathisants LR souhaitent son retour dans la vie politique. Ce soutien reste limité à droite (27 % dans l’ensemble des Français), mais il s’étend à 33 % des électeurs du RN et 43 % des partisans d’Éric Zemmour.

Ces chiffres rappellent la nostalgie d’un camp en quête d’incarnation. « La statue du commandeur est toujours là, il reste présent dans l’atmosphère », résume Frédéric Dabi, de l’Ifop.

Depuis son incarcération, les signes de loyauté se sont multipliés. Lettres, messages, soutiens sur les réseaux sociaux : son entourage a même diffusé chaque jour des témoignages accompagnés de la phrase « La fin de l’histoire n’est pas écrite… ».

Une personnalité toujours clivante

S’il reste admiré à droite, Nicolas Sarkozy divise toujours l’opinion. Son bilan sécuritaire et migratoire, ses proches relations avec Emmanuel Macron et surtout ses affaires judiciaires continuent de peser lourd.

Près d’un Français sur deux (49 %) rejette catégoriquement l’idée d’un retour. Mais cette hostilité traduit aussi un paradoxe : Sarkozy reste le dernier à avoir porté la droite au pouvoir, ce qui en fait un point de référence autant qu’un sujet de discorde.

Les héritiers en panne d’incarnation

L’attachement d’une partie des électeurs à l’ancien président révèle surtout la faiblesse de la relève. Ni Laurent Wauquiez ni Bruno Retailleau n’ont su rassembler durablement le camp conservateur.

Ce lundi, les réactions à sa libération l’ont confirmé : LR s’est rassemblé autour de son nom, du président du parti Eric Ciotti jusqu’à Brice Hortefeux, fidèle parmi les fidèles.

Même Jordan Bardella, chef du RN, a pris soin de saluer une décision « juste », accusant la justice d’avoir voulu « humilier » l’ancien chef de l’État.

Entre légende et héritage

À 70 ans passés, Nicolas Sarkozy reste pour beaucoup un symbole de victoire et d’autorité politique. Pour d’autres, il incarne un passé révolu. Mais, qu’on l’aime ou qu’on le critique, son empreinte sur la droite française demeure.

Lui continue de se taire. Et dans ce silence, ses partisans voient la promesse d’un possible retour.

Paul Lamier Grandes Lignes

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