28 Mar 2026, sam

À l’ONU, la traite des esclaves africains reconnue comme crime majeur de l’humanité

À l’ONU, la traite des esclaves africains reconnue comme crime majeur de l’humanité

L’Assemblée générale des Nations unies adopte une résolution à forte portée symbolique, portée par le Ghana, qui relance le débat mondial sur les réparations et la justice historique.

Une reconnaissance historique au cœur de l’ONU

L’Assemblée générale des Nations unies a franchi un cap symbolique en proclamant la traite des esclaves africains comme « le plus grave crime contre l’humanité ».

Adoptée à une large majorité, cette résolution marque une étape importante dans la reconnaissance internationale de l’ampleur et de la gravité de la traite transatlantique, qui a concerné des millions d’hommes, de femmes et d’enfants sur plusieurs siècles.

Le Ghana en première ligne

À l’origine de cette initiative, le Ghana s’impose comme chef de file africain sur la question des réparations.

Son président, John Mahama, a défendu un texte qu’il qualifie d’« historique », appelant à une reconnaissance collective de ce qu’il décrit comme une tragédie systémique aux conséquences toujours visibles aujourd’hui.

Au-delà de la mémoire, Accra entend inscrire cette démarche dans un processus plus large de justice réparatrice.

Un vote révélateur des fractures internationales

La résolution a été adoptée avec une large majorité, mais sans consensus. Plusieurs États occidentaux ont exprimé des réserves, certains s’y opposant directement, d’autres choisissant l’abstention.

Au cœur des divergences : la question sensible d’une hiérarchisation des crimes contre l’humanité. Pour certains pays, reconnaître un crime comme « le plus grave » ouvre un débat juridique et politique délicat.

Une portée symbolique… mais des attentes concrètes

Si le texte n’a pas de caractère contraignant, il constitue néanmoins un signal politique fort. Pour ses promoteurs, il s’agit d’une première étape vers des mesures plus concrètes.

Parmi les revendications : excuses officielles, compensations financières, lutte contre les discriminations héritées de cette histoire, mais aussi restitution des biens culturels africains.

La question des réparations relancée

Le débat sur les réparations reste central et profondément clivant. Certains y voient une nécessité historique, d’autres redoutent ses implications juridiques et financières.

Le Ghana insiste notamment sur la restitution des objets culturels, considérés comme des éléments essentiels de l’identité et de la mémoire des peuples africains.

Une mémoire toujours vive

Dans des pays comme le Ghana, marqué par ses anciens forts et lieux de traite, cette question dépasse le cadre diplomatique. Elle s’inscrit dans une mémoire encore vivante, portée par les sociétés civiles et les institutions.

Avec cette résolution, la communauté internationale reconnaît davantage la portée historique de la traite des esclaves africains.

Max Betto Grandes Lignes

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