À 46 ans, Anne-Claire Legendre devient la première femme à prendre la tête de l’Institut du monde arabe (IMA). Sa nomination intervient dans un contexte sensible, après la démission de Jack Lang, cité dans l’affaire liée à Jeffrey Epstein.
Diplomate de carrière, arabophone et spécialiste reconnue du Maghreb et du Moyen-Orient, elle incarne un changement de génération mais aussi de méthode à la tête d’une institution clé de la diplomatie culturelle française.
Institut du monde arabe : Jack Lang quitte la présidence sur fond d’enquête liée à Jeffrey Epstein
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Une diplomate chevronnée
Originaire de Bretagne, diplômée de Sciences Po Paris, de la Sorbonne (Lettres modernes) et formée à l’arabe à l’Inalco, Anne-Claire Legendre s’est imposée comme une experte des dossiers moyen-orientaux.
Elle a notamment servi à la mission permanente de la France auprès des Nations unies à New York, où elle suivait les dossiers du Moyen-Orient au Conseil de sécurité. Elle a ensuite intégré le cabinet de Laurent Fabius avant d’être nommée consule générale de France à New York, puis ambassadrice au Koweït.
Plus récemment, elle occupait le poste stratégique de conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient à la cellule diplomatique de l’Élysée.
Une nomination dans un contexte délicat
Son arrivée à la tête de l’IMA intervient après la démission de Jack Lang, à la suite de l’ouverture d’une enquête pour soupçons de « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». L’ancien ministre, cité à plusieurs reprises dans des échanges liés à Jeffrey Epstein, a quitté la présidence sous pression.
Si aucune condamnation ne le vise à ce stade, la situation a fragilisé l’institution, à l’approche de son 40e anniversaire.
Moderniser et assainir la gouvernance
La feuille de route confiée à Anne-Claire Legendre est claire : réformer en profondeur.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé :
- un audit financier immédiat,
- une modernisation de la gouvernance,
- une trajectoire budgétaire plus soutenable,
- et une modification des statuts.
Parmi les changements envisagés : limitation de l’âge à 64 ans pour la présidence, encadrement des mandats, création d’un comité de déontologie et renforcement des règles de prévention des conflits d’intérêts.
Un enjeu diplomatique majeur
Fondé en 1980, l’Institut du monde arabe occupe une place singulière dans le paysage culturel français. À la croisée des cultures, il incarne le dialogue entre la France et les sociétés arabes contemporaines.
Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les recompositions diplomatiques, la mission d’Anne-Claire Legendre dépasse la seule gestion administrative : il s’agit de redonner à l’IMA un rôle central dans le rayonnement culturel et stratégique de la France.
Une figure de transition
Sa nomination marque à la fois une rupture générationnelle et un repositionnement institutionnel.
Première femme à diriger l’IMA, Anne-Claire Legendre arrive avec une double légitimité : celle d’une diplomate aguerrie et celle d’une spécialiste reconnue du monde arabe.
Max Betto Grandes Lignes











