15 Fév 2026, dim

Bangladesh : le BNP triomphe aux premières législatives depuis la chute de Sheikh Hasina

Bangladesh le BNP triomphe aux premières législatives depuis la chute de Sheikh Hasina

Un an après l’insurrection qui a renversé l’ancien régime, le Bangladesh tourne une page politique majeure. Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) a remporté une large victoire aux législatives, les premières organisées depuis la chute de Sheikh Hasina à l’été 2024.

Selon les chiffres communiqués par la commission électorale, le BNP décroche 212 des 300 sièges du Parlement. La coalition menée par les islamistes du Jamaat-e-Islami en obtient 77. Une avance confortable qui devrait ouvrir la voie à l’accession au pouvoir de Tarique Rahman, chef du BNP.

Une alternance après la rupture

Ces élections marquent une rupture historique. Depuis 2009, la vie politique bangladaise était dominée par Sheikh Hasina, dont les scrutins successifs avaient été contestés par l’opposition, dénonçant fraudes et restrictions des libertés publiques.

La participation officielle s’établit à 59,44% des 127 millions d’électeurs inscrits un taux légèrement supérieur à la moyenne des dernières consultations.

Dans les rues de Dacca, l’annonce des résultats a été accueillie sans heurts majeurs. Entre espoir et prudence, une partie de la population attend désormais des résultats concrets.

Contestations et félicitations internationales

Le Jamaat-e-Islami a toutefois remis en cause le processus, évoquant des « incohérences » et s’interrogeant sur l’intégrité du scrutin.

À l’international, les réactions ont été rapides. Les États-Unis ont salué une « victoire historique » du BNP. Le Premier ministre indien Narendra Modi a assuré que l’Inde continuerait de soutenir « un Bangladesh démocratique, progressiste et inclusif », dans un contexte bilatéral tendu.

De son côté, le chef du gouvernement provisoire, Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, a appelé les partis à respecter les règles démocratiques et à faire preuve de retenue.

Un pays en quête de stabilité

Âgé de 60 ans, Tarique Rahman incarne une continuité dynastique : il succède à sa mère Khaleda Zia, figure majeure de la politique bangladaise et ancienne Première ministre. Après 17 ans d’exil au Royaume-Uni, son retour a cristallisé les attentes d’une partie de l’électorat.

Le scrutin s’est tenu dans un climat parfois tendu, mais sans incident majeur. Les jeunes électeurs près de 44% du corps électoral ont massivement participé, porteurs d’aspirations économiques et institutionnelles fortes.

Un référendum organisé en parallèle aurait également validé des réformes destinées à prévenir tout retour à un régime autoritaire.

Entre promesses et défis

Le Bangladesh, pays de plus de 170 millions d’habitants, fait face à un ralentissement économique et à une défiance envers les élites politiques. La victoire du BNP ouvre une nouvelle phase, mais les attentes sont immenses : lutte contre la corruption, relance économique, réformes institutionnelles.

De son exil, Sheikh Hasina a dénoncé un scrutin « illégal et inconstitutionnel », illustrant la persistance des fractures politiques.

Max Betto Grandes Lignes

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