18 Fév 2026, mer

Belgique : après 600 jours d’impasse, Bruxelles se dote enfin d’un gouvernement régional

Belgique après 600 jours d’impasse, Bruxelles se dote enfin d’un gouvernement régional

Il aura fallu plus de 600 jours de négociations, de blocages et de vetos croisés pour qu’un accord voie enfin le jour dans la capitale belge. Jeudi soir, les dirigeants de plusieurs partis ont annoncé la formation d’un nouvel exécutif pour la Région de Bruxelles-Capitale, mettant fin à une crise politique d’une longueur inédite.

Une coalition à sept partis

La future majorité rassemblera sept formations, allant de la gauche à la droite. Autour du Mouvement réformateur (MR), premier parti francophone de la capitale, et du Parti socialiste (PS), les tractations ont finalement abouti après trois jours de conclave intensif.

Une image proclamant « Bruxelles gagnante » a été diffusée sur les réseaux sociaux par le président du MR, symbole d’un déblocage longtemps espéré.

Dans un système proportionnel où les coalitions sont la règle à tous les niveaux de pouvoir, la Belgique est habituée aux négociations complexes. Mais cette paralysie régionale dépassait même le précédent record fédéral de 541 jours sans gouvernement en 2010-2011.

Une capitale paralysée

La Région bruxelloise, qui compte 1,2 million d’habitants, fonctionnait depuis juin 2024 sans gouvernement de plein exercice. Résultat : absence de trajectoire budgétaire, suspension d’investissements et gel de subventions.

Le roi Philippe avait lui-même exprimé son inquiétude face aux « graves conséquences » de cet enlisement. Le Premier ministre Bart De Wever dénonçait récemment une situation qui ternissait l’image du pays à l’international.

Chaque mois de blocage aurait creusé la dette régionale d’environ 100 millions d’euros supplémentaires.

L’équilibre linguistique au cœur des tractations

Le Parlement bruxellois compte 89 sièges : 72 francophones et 17 néerlandophones. Une majorité devait émerger dans chacun des deux collèges linguistiques.

Côté néerlandophone, la coalition inclura notamment les écologistes de Groen et les libéraux flamands d’Anders (ex-Open VLD). En revanche, la formation « Team Fouad Ahidar » a été écartée, accusée par la droite de promouvoir une logique communautaire.

Les conservateurs de la N-VA, formation du Premier ministre, ne feront pas partie de l’accord une ligne rouge pour le PS francophone.

Pression citoyenne et fatigue politique

Depuis fin 2025, un collectif baptisé « Respect Brussels » multipliait les manifestations pour dénoncer l’immobilisme et ses conséquences sociales et culturelles.

L’accord doit encore être validé par les militants de chaque parti. Mais politiquement, la séquence marque la fin d’une crise qui menaçait la crédibilité institutionnelle du pays.

Une stabilité fragile

Si Bruxelles dispose désormais d’un exécutif, l’équilibre reste délicat. La fragmentation politique 14 partis représentés au parlement régional demeure un défi structurel.

La sortie de crise offre un répit. Reste à savoir si la nouvelle coalition parviendra à restaurer la stabilité budgétaire et la confiance des Bruxellois.

Max Betto Grandes Lignes

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