Le nord du Burkina Faso replonge dans la violence. La ville de Titao, jusque-là relativement épargnée, a été la cible d’une attaque d’ampleur samedi 14 février. Selon des sources locales, au moins une vingtaine de personnes ont perdu la vie. Le bilan pourrait être plus lourd.
Dimanche soir, sur la télévision nationale, le porte-parole des forces armées, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouedraogo, a confirmé des « attaques multiples », assurant que « la situation est sous contrôle ».
Une offensive coordonnée
D’après plusieurs témoignages, les assaillants, décrits comme « très nombreux », étaient répartis en trois groupes distincts.
Un premier détachement, composé d’hommes armés circulant à moto, a pris d’assaut le camp militaire. Des armes et des munitions auraient été emportées.
Un deuxième groupe s’est attaqué aux infrastructures de télécommunication, coupant les réseaux et isolant la ville.
Un troisième groupe a pénétré dans le centre-ville, ciblant le marché. Commerces et camions de ravitaillement ont été pillés puis incendiés.
Après plusieurs heures de chaos, les assaillants se seraient repliés vers le nord.
Une ville sous tension
Sur les réseaux sociaux, des habitants ont lancé des appels à l’aide, affirmant que les auteurs de l’attaque auraient menacé de revenir.
Le porte-parole de l’armée a salué « la vaillance et le professionnalisme des forces de défense », affirmant que plusieurs dizaines d’assaillants auraient été neutralisés.
Titao, située dans une région régulièrement frappée par les groupes armés, n’avait pas connu d’attaque d’une telle ampleur depuis plusieurs mois.
Un climat sécuritaire fragile
Depuis plusieurs années, le Burkina Faso est confronté à une insécurité persistante dans le nord et l’est du pays, alimentée par des groupes armés affiliés à des mouvances jihadistes opérant dans le Sahel.
Malgré les opérations militaires répétées et les promesses de reconquête territoriale, la situation demeure instable dans de nombreuses localités.
Max Betto Grandes Lignes











