La diplomatie chinoise est sortie de sa réserve. Au lendemain de l’approbation par Israël de nouvelles mesures renforçant son contrôle sur la Cisjordanie occupée, Pékin a exprimé une opposition claire à « toute tentative d’annexion » de territoire palestinien. Une prise de position qui s’inscrit dans un contexte régional sous tension et dans une recomposition des équilibres diplomatiques au Moyen-Orient.
Pékin réaffirme sa ligne rouge
Lors d’un point presse régulier, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré que la Chine s’oppose à « la construction de nouvelles colonies dans le territoire palestinien occupé » ainsi qu’à « toute tentative d’annexion ou d’empiètement » susceptible de compromettre la solution à deux États.
Pour Pékin, la Cisjordanie constitue « une partie inaliénable du territoire palestinien ». La position chinoise, constante depuis plusieurs années, repose sur la défense d’un règlement politique fondé sur la coexistence de deux États vivant en sécurité.
Les nouvelles mesures israéliennes en question
Dimanche, le cabinet de sécurité israélien a validé une série de dispositions facilitant l’achat de terres par des colons israéliens en Cisjordanie. Ces mesures permettent également aux autorités israéliennes d’administrer certains sites religieux situés dans des zones officiellement placées sous le contrôle de l’Autorité palestinienne.
Ces décisions ont ravivé les accusations d’une annexion de facto progressive du territoire. Depuis 1967, la Cisjordanie est occupée par Israël, et la question des colonies reste l’un des points les plus sensibles du conflit israélo-palestinien.
Une critique internationale croissante
Les annonces israéliennes ont suscité de nombreuses réactions à l’échelle internationale. Plusieurs États et organisations ont exprimé leur inquiétude face à une évolution jugée incompatible avec le droit international.
Dans ce contexte, la déclaration chinoise marque un positionnement diplomatique assumé. Pékin cherche à renforcer son rôle d’acteur global sur les grands dossiers internationaux, tout en consolidant ses relations avec les pays arabes.
Un enjeu stratégique plus large
Au-delà de la question palestinienne, la posture chinoise traduit une volonté d’apparaître comme un défenseur du multilatéralisme et du respect des résolutions onusiennes. La Chine soutient officiellement une solution politique négociée et rejette toute modification unilatérale du statu quo territorial.
Alors que les tensions persistent sur le terrain et que la colonisation se poursuit, la question d’une annexion formelle ou progressive de la Cisjordanie demeure un facteur majeur d’instabilité régionale.
La réaction de Pékin s’inscrit dans une dynamique plus large de repositionnement diplomatique au Moyen-Orient. Face aux initiatives israéliennes en Cisjordanie, la Chine réaffirme son attachement à la solution à deux États et son opposition à toute annexion.
Paul Lamier Grandes Lignes












