Réunis à Belém, les dirigeants mondiaux affichent leur détermination à poursuivre la lutte climatique malgré le retrait américain. L’absence de Donald Trump, désormais symbole d’obstruction, redéfinit l’équilibre des forces écologiques mondiales.
Un sommet sous tension à Belém
À Belém, au cœur de l’Amazonie, la COP30 s’est ouverte dans un climat électrique. Tandis que les chefs d’État multiplient les appels à une action immédiate, des manifestants autochtones ont envahi le site pour dénoncer les destructions causées par les grands groupes agroalimentaires, pétroliers et miniers sur leurs terres.
Leur message est clair : la justice climatique ne peut plus attendre.
Dix ans après les accords de Paris, le constat est amer : la planète file vers un réchauffement de près de 3 °C d’ici 2100, selon l’Agence internationale de l’énergie. Le scientifique Johan Rockström, référence mondiale en climatologie, parle de « points de basculement irréversibles » déjà à portée de main.
Trump, l’absent qui dérange
Le président américain Donald Trump a choisi une nouvelle fois l’isolement. Fidèle à son climatoscepticisme, il qualifie les politiques vertes de « supercherie coûteuse » et a retiré les États-Unis des accords de Paris. Washington boycotte également les discussions sur la réduction des plastiques et des émissions maritimes.
Contrairement à la Chine ou à l’Inde, les États-Unis n’ont envoyé aucun représentant de haut niveau à Belém un désengagement qui fait grincer les dents.
« Le monde ne peut plus attendre que l’Amérique se décide à agir », a résumé le Premier ministre britannique Keir Starmer, dénonçant la perte du consensus climatique mondial. Le président colombien Gustavo Petro a été plus direct : Trump, dit-il, « nie la science et conduit l’humanité les yeux fermés vers l’abîme ».
Le contre-discours de la résistance verte
Dans les couloirs du sommet, un symbole fait fureur : des casquettes vertes arborant le slogan « Make Science Great Again », clin d’œil ironique au célèbre « MAGA » trumpien.
Le gouverneur de Californie Gavin Newsom, présent à Belém, n’a pas mâché ses mots, qualifiant Trump d’« espèce invasive » et de « boule de démolition ».
Il a aussi souligné l’avantage stratégique pris par Pékin : la Chine domine désormais les chaînes d’approvisionnement mondiales en énergie propre, avec plus de 227 milliards de dollars investis depuis 2011, notamment dans les pays du Sud.
Lula en chef d’orchestre d’une nouvelle ère
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, hôte de la conférence, a appelé à accélérer la transition énergétique :
« Nous avançons dans la bonne direction, mais à la mauvaise vitesse », a-t-il lancé sous les applaudissements.
Pour Christiana Figueres, l’une des architectes des accords de Paris, l’absence américaine est paradoxalement une bénédiction :
« Sans Trump, il n’y a plus d’intimidation. La transition est devenue irréversible, inarrêtable avec ou sans les États-Unis. »
Paul Lamier Grandes Lignes











