L’opposant ivoirien, figure de l’alternance, défie la décision de justice qui l’a écarté des listes électorales. La Commission électorale et le Conseil constitutionnel devront trancher.
À la veille de la clôture des dépôts de candidature pour la présidentielle du 25 octobre 2025, Tidjane Thiam a choisi la confrontation politique. Bien que radié de la liste électorale en avril dernier, ses partisans ont officiellement déposé son dossier auprès de la Commission électorale indépendante (CEI). Pour ses soutiens, cet acte dépasse la procédure administrative : il incarne la volonté d’un homme de se maintenir dans la course face à ce qu’ils considèrent comme une injustice.
Un parcours semé d’embûches juridiques
La justice ivoirienne avait invalidé l’inscription de Tidjane Thiam, arguant qu’il n’avait pas renoncé à sa nationalité française dans les délais requis. Cette décision, considérée comme une exclusion arbitraire par son camp, l’a conduit à saisir le Comité des droits de l’homme des Nations unies, qui a appelé Abidjan à garantir ses droits politiques.
Pour répondre à cette radiation, ses soutiens ont déposé un certificat de nationalité ivoirienne, estimant que cela suffit pour valider sa candidature.
Un flou juridique persistant
La question de savoir s’il est obligatoire d’être inscrit sur la liste électorale pour être candidat à la présidence divise. Pour ses partisans, ce n’est pas une exigence constitutionnelle stricte. Pour les autorités, l’absence d’inscription invalide toute candidature. La CEI devra donc se prononcer rapidement, avant que le Conseil constitutionnel ne tranche en dernier ressort.
Un enjeu politique majeur
Au-delà du droit, l’affaire cristallise les tensions politiques à l’approche du scrutin. Fatigués de la longévité d’Alassane Ouattara et de son camp, les soutiens de Tidjane Thiam voient en lui une alternative crédible et un symbole de rupture. La mobilisation autour de sa candidature traduit une volonté de tester la solidité des institutions ivoiriennes et leur capacité à garantir un scrutin inclusif.
En déposant son dossier malgré son exclusion, Tidjane Thiam lance un défi frontal aux autorités. Une validation de sa candidature redessinerait le paysage de la présidentielle ; un rejet confirmerait les soupçons d’une élection verrouillée et fragiliserait encore le climat politique.
Paul Lamier Grandes Lignes











