5 Fév 2026, jeu

Damas entre dans la coalition anti-Daech menée par les États-Unis

Damas entre dans la coalition anti-Daech menée par les États-Unis

Reçu à la Maison-Blanche, le président syrien Ahmad al-Chareh a conclu un accord inédit avec les États-Unis. Son pays intègre la coalition internationale contre l’État islamique, tandis que Washington allège ses sanctions et autorise la réouverture de l’ambassade syrienne.

Une visite discrète mais décisive

Sans caméras ni protocole officiel, Ahmad al-Chareh est arrivé lundi à la Maison-Blanche par une entrée latérale. Cette rencontre, tenue à huis clos, marque un pas inattendu entre deux pays longtemps ennemis.

« Je l’aime bien. Nous ferons tout ce que nous pouvons pour que la Syrie réussisse », a déclaré Donald Trump à l’issue de l’entretien. Le président américain a salué un dirigeant « dur », qu’il juge désormais capable de stabiliser son pays.

De la liste noire à la scène diplomatique

Jusqu’à l’an dernier, Ahmad al-Chareh figurait sur la liste du FBI, avec une récompense de dix millions de dollars pour sa capture. Ancien chef du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham, il a renversé Bachar al-Assad en 2024 avant de se présenter comme un dirigeant réformateur.

Depuis, il multiplie les signaux d’ouverture vers l’Occident et les pays voisins. Ce repositionnement a conduit Washington à suspendre une partie des sanctions prévues par la loi César, en vigueur depuis 2019, et à encourager l’ONU à lever les mesures visant le président syrien.

La Syrie intègre la coalition contre Daech

La Maison-Blanche a confirmé que Damas deviendrait le 90ᵉ membre de la coalition internationale dirigée par les États-Unis contre l’État islamique.

« La Syrie va coopérer avec les forces américaines pour éliminer les derniers bastions de Daech et bloquer l’arrivée de nouveaux combattants étrangers », a précisé un haut responsable américain.

Les deux pays envisagent également la création d’une base conjointe près de Damas pour coordonner l’aide humanitaire et suivre les échanges frontaliers avec Israël.

Un réalignement politique assumé

Ahmad al-Chareh promet de « redéfinir » les relations de la Syrie avec la Russie, tout en renforçant ses liens avec les États-Unis et l’Arabie saoudite.

Pour Donald Trump, ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie plus large : contenir l’influence de Moscou et de Téhéran dans la région.

« Trump veut présenter Ahmad al-Chareh comme un partenaire fiable, tourné vers la reconstruction et la stabilité régionale », explique l’analyste américain Nick Heras.

Vers une normalisation progressive

Outre la suspension des sanctions, Washington a autorisé la réouverture de l’ambassade syrienne aux États-Unis.

Le président syrien a toutefois écarté, pour l’heure, toute négociation directe avec Israël. En mai, Donald Trump avait déjà suggéré que la Syrie rejoigne les Accords d’Abraham, qui avaient permis à plusieurs pays arabes de reconnaître Israël en 2020.

Paul Lamier Grandes Lignes

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