En choisissant le cadre symbolique de la Grande foire agricole du Congo, à Ignié, le chef de l’État congolais a levé le suspense. Jeudi 5 février, Denis Sassou N’Guesso a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle des 12 et 15 mars prochains, répondant aux appels répétés de la majorité présidentielle.
C’est à Ignié, dans le département du Djoué-Léfini, en marge de l’ouverture de la Grande foire agricole du Congo, que Denis Sassou N’Guesso a choisi de s’exprimer. Devant des agriculteurs, des jeunes, des femmes et des acteurs du monde rural, le président sortant a confirmé ce que son camp politique appelait de ses vœux depuis plusieurs mois : il sera candidat à un nouveau mandat.
Une annonce ancrée dans le discours économique
Dans son intervention, Denis Sassou N’Guesso a replacé sa décision dans la continuité de la politique engagée depuis la présidentielle de 2021. Il a rappelé l’orientation stratégique donnée à l’économie congolaise, fondée sur la diversification et structurée autour du Plan national de développement, qui identifie six pôles majeurs, dont l’agriculture.
Soulignant la mobilisation croissante du secteur agricole à travers le pays, le chef de l’État a insisté sur l’idée d’autonomie productive et alimentaire, qu’il présente comme un levier d’indépendance et de stabilité. Il a également affirmé sa volonté d’« accompagner » ce mouvement dans la durée, avant de conclure explicitement par l’annonce de sa candidature.
Le poids de la date du 5 février
Au-delà du contexte économique, la date choisie revêt une forte portée symbolique. Le 5 février marque en effet l’accession au pouvoir de Denis Sassou N’Guesso en 1979, à l’issue du mouvement de renaissance du Parti congolais du travail, alors formation unique au pouvoir.
Cette référence historique s’inscrit dans un récit politique assumé, qui fait le lien entre les différentes séquences du parcours institutionnel du pays : de la période du parti unique à l’ouverture démocratique engagée lors de la Conférence nationale souveraine de 1991, jusqu’à la trajectoire actuelle du Congo dans un système pluraliste.
Une candidature présentée comme un facteur de stabilité
Revenu au pouvoir à l’issue de la guerre de juin 1997, Denis Sassou N’Guesso a été élu puis réélu depuis 2002. Pour ses soutiens, sa candidature répond à un impératif de continuité dans un environnement jugé complexe, tant sur le plan national que régional et international.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, économiques et géopolitiques en Afrique centrale, ses partisans mettent en avant l’expérience du président sortant et sa capacité à maintenir la stabilité du pays tout en poursuivant les chantiers de développement engagés.
Agriculture et projet politique
La Grande foire agricole, lancée le jour même de l’annonce, apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple événement sectoriel. Elle s’inscrit dans une stratégie politique visant à valoriser les activités agropastorales, à renforcer l’économie réelle et à mobiliser les forces productives du pays autour d’un projet présenté comme structurant.
À un peu plus d’un mois du scrutin, cette candidature ouvre officiellement la campagne présidentielle et fixe le cadre du débat : continuité, stabilité et développement économique comme axes centraux du discours du président sortant.
Max Betto Grandes Lignes










