17 Fév 2026, mar

États-Unis – Afrique du Sud : l’ambassadeur de Trump arrive dans un climat de crispation diplomatique

États-Unis – Afrique du Sud l’ambassadeur de Trump arrive dans un climat de crispation diplomatique

Le nouvel ambassadeur américain à Pretoria a officiellement posé le pied en Afrique du Sud. Une arrivée discrète, confirmée par une source diplomatique, mais hautement symbolique dans un contexte de relations bilatérales particulièrement dégradées entre Washington et Pretoria.

Nommé en mars 2025 par Donald Trump, Brent Bozell prend ses fonctions alors que les deux pays traversent l’une des périodes les plus tendues de leur histoire récente.

Une relation diplomatique fragilisée

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, les relations entre les États-Unis et l’Afrique du Sud se sont considérablement refroidies.

Washington accuse Pretoria de « persécuter » les Afrikaners et critique vivement la plainte pour « génocide » déposée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice concernant la guerre à Gaza.

Brent Bozell, fondateur du Media Research Center et soutien affiché d’Israël, avait indiqué lors de son audition devant le Sénat qu’il chercherait à convaincre Pretoria de retirer sa procédure.

Un repositionnement géostratégique contesté

Lors de son audition d’octobre, l’ambassadeur avait également dénoncé ce qu’il qualifie de « glissement géostratégique » de l’Afrique du Sud vers la Russie, la Chine et l’Iran.

Il a promis de défendre les intérêts américains dans un pays que Washington considère désormais comme un partenaire ambigu au sein du bloc occidental.

Autre dossier sensible : le programme américain visant à accorder le statut de réfugié à des Afrikaners. Plusieurs centaines d’entre eux auraient déjà bénéficié de ce dispositif.

Escalade diplomatique

La nomination de Brent Bozell intervient après l’expulsion de l’ambassadeur sud-africain à Washington, Ebrahim Rasool, accusé par le secrétaire d’État Marco Rubio d’être un « homme politique raciste qui déteste l’Amérique ». Pretoria n’a toujours pas désigné de successeur.

Le précédent ambassadeur américain, Reuben Brigety, avait quitté ses fonctions après la réélection de Donald Trump.

Sur le plan économique, les tensions se traduisent également par des mesures commerciales. Washington a imposé des droits de douane de 30 % sur une large part des exportations sud-africaines, un niveau inédit pour un pays d’Afrique subsaharienne.

Un partenariat stratégique sous pression

Malgré les frictions politiques, les États-Unis restent le deuxième partenaire commercial de l’Afrique du Sud. Environ 500 entreprises américaines opèrent dans le pays, et quelque 30 000 ressortissants américains y résident.

Mais le boycott du sommet du G20 à Johannesburg par Donald Trump en novembre dernier a marqué un tournant symbolique. Le président américain a même déclaré que l’Afrique du Sud n’avait « pas sa place » dans le groupe des grandes économies.

L’arrivée de Brent Bozell à Pretoria ne constitue pas un simple changement diplomatique. Elle s’inscrit dans une reconfiguration plus large des rapports de force entre Washington et l’Afrique du Sud.

Max Betto Grandes Lignes

La rédaction vous conseille