18 Fév 2026, mer

États-Unis : Donald Trump démantèle un pilier clé de la politique climatique fédérale

États-Unis Donald Trump démantèle un pilier clé de la politique climatique fédérale

C’est un tournant majeur dans la trajectoire environnementale américaine. Le président Donald Trump a officialisé l’abrogation du texte adopté en 2009 sous Barack Obama, qui servait de socle juridique à la régulation des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis.

Cette décision efface le fameux « Endangerment Finding », par lequel l’Environmental Protection Agency (EPA) reconnaissait que six gaz à effet de serre menaçaient la santé publique. Une base légale qui avait permis d’encadrer les émissions des véhicules, des centrales électriques et d’autres secteurs industriels majeurs.

Un coup d’arrêt aux normes d’émissions

L’annonce met immédiatement fin aux normes fédérales sur les émissions automobiles et ouvre la voie à la suppression d’autres réglementations environnementales.

Pour Donald Trump, cette décision doit permettre de « faire économiser des milliers de milliards de dollars » aux consommateurs américains, notamment en réduisant le coût des véhicules neufs. Fidèle à sa ligne pro-énergies fossiles, le président a minimisé la portée sanitaire et environnementale du texte abrogé, qualifiant la lutte climatique d’« arnaque géante ».

En supprimant l’autorité réglementaire de l’EPA en matière de gaz à effet de serre, l’administration républicaine retire l’un des principaux leviers fédéraux de politique climatique.

Vives réactions politiques et scientifiques

La réaction n’a pas tardé. Sur les réseaux sociaux, Barack Obama a dénoncé une décision qui rendrait le pays « moins sûr et moins en bonne santé ». Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, a annoncé une contestation judiciaire immédiate.

Des ONG environnementales parlent d’un recul historique. Manish Bapna, président du NRDC, évoque « la plus grande attaque de l’histoire des États-Unis contre les efforts fédéraux de lutte contre la crise climatique ».

Le revirement intervient alors que 2025 a été confirmée comme l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées, dans un contexte de multiplication des événements climatiques extrêmes.

Une bataille judiciaire en perspective

La décision devrait être rapidement contestée devant les tribunaux fédéraux. Plusieurs associations ont déjà annoncé leur intention de saisir la justice. L’affaire pourrait remonter jusqu’à la Cour suprême ironie institutionnelle, puisque c’est une décision de cette même juridiction, en 2007, qui avait permis à l’EPA de réglementer les gaz à effet de serre.

Au-delà du volet juridique, ce revirement confirme l’orientation stratégique de la Maison Blanche : retrait de l’Accord de Paris, assouplissement des normes environnementales et soutien assumé aux industries du pétrole et du charbon.

Les États-Unis demeurent le premier contributeur historique aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Leur repositionnement influe directement sur la dynamique internationale.

Si l’administration Trump invoque la compétitivité économique, ses détracteurs soulignent le risque d’un affaiblissement global des engagements climatiques, à un moment où la transition énergétique peine déjà à maintenir son rythme.

Le débat dépasse donc la politique intérieure américaine : il touche à l’équilibre climatique mondial et à la crédibilité des accords multilatéraux.

Max Betto Grandes Lignes

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