17 Fév 2026, mar

Burkina: une dizaine de civils tués dans l’attaque d’une ville-clé (source locale)

16 février 2026 à 21h19
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Burkina: une dizaine de civils tués dans l’attaque d’une ville-clé (source locale)

Grandes Lignes

Une dizaine de civils, dont sept Ghanéens, ont été tués samedi dans une attaque jihadiste visant une ville stratégique du nord du Burkina Faso, selon une source locale, l’armée affirmant de son côté avoir repoussé l’assaut.

Entre jeudi et dimanche, le nord et l’est de ce pays sahélien dirigé par une junte ont été la cible d’une série d’attaques qui ont fait au total au moins une vingtaine de morts civils et militaires, selon des sources locale et sécuritaire.

Le Burkina fait face depuis plus d’une décennie aux offensives meurtrières de groupes liés à Al-Qaïda et l’Etat islamique sur de larges pans de son territoire.

Samedi, l’une de ces attaques a visé Titao, chef-lieu de la province du Loroum et importante ville du nord-ouest du pays située entre Ouahigouya et Djibo.

Selon un habitant, joint lundi à Titao, « il y a eu une dizaine de morts parmi les populations civiles. Des commerçants et des chauffeurs de camions qui étaient au marché ont été tués ».

« Plusieurs boutiques ainsi que des camions ont été incendiés », a poursuivi cette source tandis que les blessés ont été évacués vers Ouahigouya, grande ville de la zone, selon une source hospitalière.

Le ministre de l’Intérieur du Ghana, pays voisin du Burkina, a confirmé lundi la mort de sept commerçants de tomates dans l’attaque.

« Les sept corps ont été brûlés au point d’être méconnaissables. Dès hier (dimanche), nous avons convenu qu’ils avaient commencé à se décomposer et qu’il fallait les enterrer », a déclaré lundi matin Muntaka Mubarak à la radio Joy FM.

Une source sécuritaire avait indiqué dimanche à l’AFP que le détachement militaire de Titao avait été « ciblé par un groupe de plusieurs centaines de terroristes », et que des « installations techniques » et une partie du camp militaire ont été détruits.

– Série d’attaques jihadistes –

L’armée burkinabè – qui ne communique que très rarement sur les attaques – a annoncé dimanche soir avoir repoussé une offensive jihadiste à Titao.

« Le 14 février, nous avons enregistré des attaques multiples au niveau de cette ville », a déclaré le porte-parole des forces armées nationales, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, lors d’un entretien diffusé sur la télévision publique.

Selon lui les assaillants – scindés en plusieurs groupes – ont attaqué le détachement militaire et la ville où ils ont incendié « les étals du marché » afin de faire des « vidéos » de « propagande ».

« Nous leur avons infligé une lourde défaite avec la neutralisation de plusieurs dizaines d’entre eux », a-t-il ajouté, précisant que la situation en ville est « calme », ce qu’a confirmé l’habitant joint par l’AFP.

Lundi, le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, lié à Al-Qaïda) a revendiqué l’attaque de Titao, affirmant avoir tué « des dizaines de soldats burkinabè. »

Le JNIM a également revendiqué le même jour les attaques de deux avant-postes de l’armée burkinabè jeudi dernier à Ouahigouya, « tuant neufs soldats. »

D’autres attaques ont visé des postes militaires ces derniers jours: à Naré (nord), dimanche, à Tandjari (est) samedi, et à Bilanga (est) jeudi, revendiquée lundi par le JNIM qui affirme y avoir tué « 10 soldats burkinabè. »

Le Burkina Faso est pris dans une spirale de violences qui a fait, depuis 2015, des dizaines de milliers de morts civils et militaires, dont plus de la moitié ces trois dernières années, selon l’ONG Acled qui recense les victimes de conflits.