Espagne: « Les gens ne supportent plus » Pedro Sánchez, dit la droite après une défaite électorale des socialistes
« Les gens ne le supportent plus, ni lui, ni son gouvernement », a assuré lundi le chef de file de la droite conservatrice espagnole à propos du Premier ministre Pedro Sánchez, au lendemain de la déroute du Parti socialiste lors d’un scrutin régional.
En Aragon, dans le nord-est de l’Espagne, le Parti populaire (PP, droite) d’Alberto Nuñez Feijóo est arrivé en tête, obtenant 26 sièges sur les 67 que compte le parlement régional, et devra négocier avec l’extrême droite de Vox, qui est passée de 7 à 14 sièges, pour pouvoir diriger la région.
Le Parti socialiste, qui était mené par l’ex-porte-parole du gouvernement de Pedro Sánchez, Pilar Alegría, n’a quant à lui remporté que 18 sièges, comme en 2015, son plus faible score en Aragon en plus de 40 ans de démocratie en Espagne.
Cette défaite survient quelques semaines seulement après une autre débâcle, en décembre, dans la région d’Estrémadure, où le PP l’a également emporté.
« Plus de Pedro Sánchez. Les gens ne le supportent plus, ni lui, ni son gouvernement », a lancé lundi Alberto Núñez Feijóo, après une réunion de son parti à Madrid.
« Je me demande: Combien de gifles électorales doit-il avoir encore pour le comprendre? (…) Combien d’autres débâcles pour qu’ils s’en aillent? », a-t-il ajouté.
Le dirigeant socialiste, qui traverse une période délicate, cerné par des enquêtes pour corruption visant des personnes de son entourage, a écarté plusieurs fois l’idée de convoquer des législatives anticipées et assure régulièrement qu’il ira au bout de son mandat, qui doit s’achever en 2027.
En mars, d’autres élections doivent avoir lieu en Castille-et-León puis, à une date qui n’a pas encore été fixée, en Andalousie, la région la plus peuplée du pays. Selon les sondages, les résultats dans les deux cas pourraient être similaires à ceux enregistrés en Estrémadure et en Aragon.
Lundi, Alberto Nuñez Feijóo a aussi appelé à la « responsabilité » le parti d’extrême droite Vox, dont le soutien est nécessaire au PP pour pouvoir gouverner tant en Estrémadure qu’en Aragon.
« Il est évident que nous ne sommes pas les mêmes, nous n’allons pas nous mettre d’accord sur tout, mais il y a sûrement des points d’accord cohérents entre leurs électeurs et les nôtres », a-t-il jugé.
Le PP et Vox ont déjà gouverné ensemble en Aragon et en Estrémadure entre la mi-2023 et juillet 2024, à la faveur d’un pacte de coalitions régionales qui a ensuite implosé à la suite de désaccords entre les directions nationales des deux formations.