L’armée israélienne capture un membre d’un groupe islamiste lors d’un raid au Liban
Le groupe islamiste libanais Jamaa islamiya, allié du Hamas palestinien, a accusé Israël d’avoir « enlevé » lundi un de ses cadres dans le sud du Liban, l’armée israélienne déclarant avoir « appréhendé un haut responsable terroriste » du groupe lors d’un « raid ciblé ».
Israël mène régulièrement des opérations militaires dans le sud du Liban, malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d’un an d’hostilités avec le mouvement pro-iranien Hezbollah.
L’organisation Jamaa islamiya – qui a revendiqué de nombreuses attaques contre Israël pendant la guerre – a condamné lundi « l’infiltration des forces d’occupation israéliennes » et « l’enlèvement à son domicile du responsable du groupe dans la région de Hasbaya et Marjayoun, Atwi Atwi ».
L’armée israélienne a précisé dans un communiqué avoir mené durant la nuit de dimanche à lundi un « raid ciblé » à la suite de « renseignements recueillis ces dernières semaines ».
Les soldats israéliens ont « appréhendé un haut responsable terroriste » du groupe, qui a été « transféré sur le territoire israélien » pour y être interrogé, explique l’armée, en accusant l’organisation Jamaa islamiya d’avoir mené « des attaques terroristes contre l’Etat d’Israël et ses civils dans le nord » du pays.
Elle indique en outre avoir « découvert des armes dans la même structure où le terroriste a été arrêté », en prévenant qu’elle « continuera ses opérations pour éliminer toute menace contre l’Etat d’Israël ».
L’Agence nationale d’information libanaise (ANI) a rapporté que des soldats israéliens étaient entrés vers 4h00 locales (0200 GMT) dans le village où se trouvait M. Atwi, ancien maire de Hibbariyeh (sud), et l’avaient enlevé.
Le ministère de la santé du Liban a par ailleurs annoncé que trois personnes, dont un enfant de trois ans, avaient été tuées lundi à Yanouh, dans le sud, lors d’une attaque.
L’armée israélienne a affirmé que cette frappe avait « touché un terroriste du Hezbollah » en charge de l’armement et a dit « regretter tout préjudice causé à des civils non impliqués ».
« Avant l’attaque, des mesures ont été prises pour limiter les dommages causés aux civils, notamment l’utilisation de munitions précises et la surveillance aérienne », a-t-elle dit, en ajoutant que « l’incident fait actuellement l’objet d’une enquête ».
Le raid nocturne israélien est intervenu quelques heures après la fin de la visite de deux jours du Premier ministre libanais Nawaf Salam dans le sud, où de larges secteurs proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines.
Le député du Hezbollah Hussein al-Haj Hassan a accusé le mois dernier Israël de détenir « 20 prisonniers libanais », affirmant que 10 d’entre eux avaient été enlevés « sur le territoire libanais après le cessez-le-feu ».
Aux termes de l’accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne, à une trentaine de km plus au sud.