Ramadan: Israël autorise 10.000 Palestiniens de Cisjordanie pour les prières du vendredi
L’accès à l’esplanade des Mosquées de Jérusalem lors des grandes prières du vendredi sera ouvert pendant le ramadan à quelque 10.000 fidèles palestiniens de Cisjordanie détenteurs de permis spéciaux, a annoncé mercredi le gouvernement israélien.
Durant le mois du jeûne musulman, qui a débuté mercredi, des centaines de milliers de Palestiniens viennent traditionnellement prier sur ce troisième lieu saint de l’islam situé à Jérusalem-Est, secteur de la Ville sainte occupé et annexé par Israël, en particulier pour la grande prière du vendredi.
L’accès à l’esplanade des Mosquées n’est pas restreint pour les habitants de Jérusalem-Est, où vivent plus de 350.000 Palestiniens. Les Palestiniens de Cisjordanie occupée doivent en revanche obtenir un permis spécial, délivré par le Cogat, l’organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes.
Ces dernières années, la période du ramadan a été ponctuée de violences entre Palestiniens et forces de l’ordre israéliennes dans le site ultra-sensible de la Vieille ville.
Evoquant des raisons de sécurité, Israël a imposé des restrictions à l’accès au lieu saint des Palestiniens de Cisjordanie. Ces mesures ont été renforcées après l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre entre Israël et le mouvement islamiste dans la bande de Gaza.
« A la suite d’une évaluation de la situation sécuritaire », 10.000 fidèles palestiniens seront autorisés à entrer pour la prière du vendredi tout au long du mois de ramadan, « sous réserve d’obtenir au préalable un permis quotidien spécial », a indiqué le Cogat.
Ce chiffre concerne les Palestiniens de Cisjordanie, a précisé un porte-parole de l’agence à l’AFP.
L’entrée sera autorisée pour les hommes à partir de 55 ans, pour les femmes à partir de 50 ans et pour les enfants jusqu’à 12 ans lorsqu’ils sont accompagnés d’un parent, selon le communiqué du Cogat.
L’esplanade des Mosquées est bâtie sur les ruines du Second Temple juif, détruit en l’an 70 par les Romains. Les juifs appellent l’endroit le mont du Temple.
C’est un site très sensible, au coeur des tensions liées au conflit israélo-palestinien.
Selon une règle édictée par Israël en 1967 après sa conquête de Jérusalem-Est, les non-musulmans peuvent se rendre sur l’esplanade à des heures précises, mais sans y prier.
Ces dernières années, un nombre croissant d’ultranationalistes juifs ont défié la règle, notamment le ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir.