RDC : nouvelle attaque de drones à l’aéroport de Kisangani
Une nouvelle attaque de drones a visé dimanche l’aéroport stratégique de Kisangani, ville du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), un mois après une attaque similaire revendiquée par le groupe armé M23, a affirmé lundi le gouvernement local de la province de la Tshopo.
Le groupe antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda et son armée, a attaqué dimanche « par des drones kamikazes chargés de sous-munitions » l’aéroport de Bangboka (aéroport civil) à Kisangani, selon ce communiqué.
Outre le trafic civil, l’aérodrome de Kisangani est également utilisé par l’armée congolaise et ses aéronefs. La piste sert notamment au décollage des drones d’attaque et des avions de chasse de l’armée congolaise, qui mènent régulièrement des frappes sur les positions du M23 et de l’armée rwandaise en RDC.
« Quatre de ces drones ont été interceptés et abattus sur le ciel de Bangboka: le premier à 15H48, le deuxième à 17H30, le troisième à 19H30 et le dernier à 19H48, alors qu’un appareil civil de la Compagnie africaine d’aviation (CAA) amorçait déjà son atterrissage depuis 19H45 », détaille le communiqué. Aucune victime n’a été signalée.
Le M23 qui affirme avoir des troupes dans la zone a revendiqué cette attaque dans un communiqué publié lundi soir.
« Nos forces déployées à proximité de la ville de Kisangani ont mené une opération ciblée visant à neutraliser et à détruire des drones qui s’apprêtaient à être lancés pour massacrer des civils et attaquer nos positions », écrit le groupe antigouvernemental.
« Les opérations destinées à éliminer cette menace se poursuivront avec détermination » tant que Kinshasa « ne mettra pas un terme définitif » à ses offensives, ajoute le document.
Réapparu fin 2021, le M23 (pour « Mouvement du 23 mars »), groupe armé soutenu par le Rwanda, s’est emparé de vastes zones dans la partie orientale de la RDC, riche en ressources et ravagée depuis plus de 30 ans par des conflits.
Kisangani est située à l’intérieur des terres. La cité de plus de 1,5 million d’habitants est distante de plus de 800 km de Goma, grande ville de l’est du pays et fief du M23 depuis janvier 2025. La même distance la sépare d’Uvira, dernière grande ville congolaise à avoir connu des combats.
Son aéroport avait été précédemment visé par une attaque de drones les 31 janvier et 1er février derniers. Le M23 avait revendiqué cette opération inédite, affirmant avoir procédé « à la destruction du centre de commandement des drones militaires installés à l’aéroport de Kisangani ».
Le drone est devenu un équipement central dans le conflit dans l’est de la RDC. Les belligérants s’accusent régulièrement d’en faire usage pour mener des attaques dans des zones densément peuplées.
Le M23 a rappelé la la mort samedi de son porte-parole militaire, Willy Ngoma, tué dans une frappe de drones des forces congolaises dans la région minière de Rubaya, dans la province troublée du Nord-Kivu, une zone que le groupe armé occupe depuis 2024.
Son sang « ne sera ni oublié ni passé sous silence », a promis le mouvement rebelle.