15 Fév 2026, dim

Fin du sommet de l’Union africaine : fermeté contre les putschs, silence sur certaines crises

Fin du sommet de l’Union africaine fermeté contre les putschs, silence sur certaines crises

À Addis-Abeba, le 39ᵉ sommet de l’Union africaine s’est achevé sur une ligne affichée de fermeté politique et de prudence diplomatique. Deux jours d’échanges intenses ont permis aux chefs d’État de clarifier leurs priorités, entre transitions militaires, conflits persistants et repositionnement stratégique du continent.

Présidence tournée vers la stabilité

Le président burundais Évariste Ndayishimiye, qui prend la présidence tournante de l’Union africaine, et le nouveau président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, ont présenté les conclusions finales.

Message central : « aucune tolérance pour les changements de pouvoir anticonstitutionnels ». Une déclaration forte, alors que plusieurs dirigeants issus de coups d’État ont pris part au sommet, notamment en Guinée et au Gabon, et que des transitions sont en cours ailleurs sur le continent.

Sans annoncer de sanctions supplémentaires, l’UA affirme vouloir maintenir un dialogue avec les régimes militaires, tout en refusant toute réintégration automatique.

Sécurité : dialogue avec le Sahel, mais ligne rouge institutionnelle

Concernant l’Alliance des États du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso), l’organisation panafricaine adopte une posture nuancée :
– Pas de réintégration immédiate ;
– Maintien du dialogue ;
– Soutien aux efforts antiterroristes.

Une plateforme commune de dix-huit pays sur les questions de sécurité doit voir le jour dans les prochaines semaines. Objectif : renforcer la coordination face aux groupes armés.

L’Union africaine réaffirme également sa volonté de « faire taire les armes », même si certains conflits majeurs, comme celui du Soudan, n’ont pas été abordés publiquement un silence remarqué.

RDC : médiation africaine revendiquée

Sur la crise dans l’est de la République démocratique du Congo, le président Ndayishimiye a insisté sur l’application des accords de Washington.

Mahmoud Ali Youssouf a, lui, martelé que l’Union africaine entend « piloter » la médiation, refusant de laisser ce dossier aux seules puissances extérieures. Une manière d’affirmer une souveraineté diplomatique continentale.

Mémoire historique et positionnements géopolitiques

Les dirigeants africains ont reconnu la colonisation comme crime contre l’humanité et annoncé qu’une résolution visant à qualifier la traite des esclaves africains comme « le plus grave crime contre l’humanité » serait soumise aux Nations unies.

Ils ont également réaffirmé leur solidarité avec le peuple palestinien, dans un contexte international de recomposition des alliances.

Une Union africaine entre principes et réalités

Ce sommet marque une volonté claire : défendre la légalité constitutionnelle et renforcer l’autonomie stratégique africaine.

Mais l’écart entre les déclarations de principe et la réalité des rapports de force demeure un défi central. L’UA veut parler d’une seule voix.

Paul Lamier Grandes Lignes

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