4 Fév 2026, mer

Frontières européennes : l’ère du numérique remplace le tampon

Frontières européennes l’ère du numérique remplace le tampon

Fini le traditionnel tampon sur le passeport. Depuis le 12 octobre 2025, tout étranger entrant dans l’espace Schengen doit désormais se soumettre à un enregistrement biométrique comprenant une photo et ses empreintes digitales. Ce dispositif, baptisé Entry/Exit System (EES), a été mis en place pour mieux contrôler les entrées et sorties sur le territoire européen et lutter contre l’immigration irrégulière ainsi que les faux documents.

Ce qui change concrètement

Les ressortissants de l’Union européenne ne verront aucune différence : leur passeport suffira toujours pour franchir les frontières extérieures.

En revanche, pour les citoyens de pays tiers, la nouveauté est de taille : les données biométriques seront désormais enregistrées dans une base de données centralisée, accessible à tous les États membres de Schengen.

Deux pays de l’UE l’Irlande et Chypre restent en dehors de l’espace Schengen, mais leurs citoyens continueront de circuler librement. Sont aussi exemptés les ressortissants de la Norvège, de la Suisse, de l’Islande et du Liechtenstein, ainsi que ceux d’Andorre, de Monaco, de Saint-Marin et du Vatican.

Les voyageurs ne remplissant pas ces conditions pourront être refoulés aux frontières. Le système, introduit progressivement, concernera tous les points d’entrée : aéroports, ports, gares et postes terrestres.

Un contrôle accru pour une Europe plus “étanche”

Selon le ministre polonais de l’Intérieur, Tomasz Siemoniak, ce système répond à une volonté claire : « Les citoyens européens souhaitent que leurs frontières soient davantage étanches. »

L’Union européenne entend ainsi repérer les séjours prolongés au-delà des 90 jours autorisés et suivre les personnes expulsées ou refoulées, désormais fichées et interdites de retour.

Pour le commissaire européen Magnus Brunner, l’objectif est ambitieux : faire de l’EES « le système de gestion des frontières le plus moderne au monde ».

Craintes et controverses

Transporteurs et compagnies aériennes redoutent un allongement des files d’attente, notamment au tunnel sous la Manche, où les voyageurs britanniques devront eux aussi passer par ces nouvelles formalités.

Londres a déjà prévenu ses citoyens que ces contrôles pourraient ajouter « quelques minutes » par passager.

Le système sera pleinement opérationnel en avril 2026, avant l’introduction de l’ETIAS, une autorisation de voyage électronique payante obligatoire pour les ressortissants de pays tiers souhaitant se rendre en Europe.

Reste la question sensible de la protection des données.

Toutes les informations seront stockées par l’agence européenne eu-Lisa, basée à Tallinn, qui promet un haut niveau de sécurité et de respect de la vie privée. Mais les experts en cybersécurité redoutent déjà les risques liés à la centralisation massive de données biométriques

Paul Lamier Grandes Lignes

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