14 Fév 2026, sam

Inondations au Maroc : près de 300 millions d’euros débloqués pour les régions sinistrées

Inondations au Maroc près de 300 millions d’euros débloqués pour les régions sinistrées

Des crues d’une ampleur rare ont transformé des plaines agricoles en étendues d’eau et fragilisé des milliers de familles. Face aux dégâts, les autorités marocaines ont décrété l’état de catastrophe naturelle dans quatre provinces stratégiques et annoncé un plan d’urgence chiffré à près de 300 millions d’euros.

Quatre provinces sous état de catastrophe

Les provinces de Larache, Kénitra, Sidi Kacem et Sidi Slimane ont été officiellement déclarées en état de catastrophe naturelle après les violentes intempéries qui frappent le pays depuis fin janvier.

Sur instruction du roi Mohammed VI, le gouvernement a lancé un vaste programme d’aide destiné aux familles touchées et aux secteurs économiques affectés. L’enveloppe annoncée s’élève à 3 milliards de dirhams, soit environ 280 millions d’euros.

Des dégâts massifs dans le cœur agricole du pays

Les chiffres donnent la mesure de la crise :

– plus de 110.000 hectares inondés ;

– près de 188.000 personnes déplacées ;

– plus de 18.000 habitations détruites et environ 50.000 endommagées ou inondées.

Les régions du Gharb et du Loukkos, parmi les plus fertiles du Maroc, concentrent de grandes exploitations céréalières, des élevages et des cultures destinées à l’exportation, notamment fruits rouges et légumes. La paralysie partielle de ces zones soulève des inquiétudes économiques au-delà du seul impact humanitaire.

Le week-end dernier, quatre personnes ont perdu la vie dans la région de Tétouan, emportées par une crue soudaine. Une cinquième reste portée disparue.

Réhabilitation et soutien aux agriculteurs

Le plan d’urgence prévoit :

– la réhabilitation des routes et infrastructures agricoles ;

– le relogement des familles sinistrées ;

– l’indemnisation des pertes de revenus ;

– la rénovation des habitations et commerces touchés ;

– un soutien spécifique aux agriculteurs.

L’Office national entend également garantir l’accès aux besoins de première nécessité pour les populations déplacées.

Un paradoxe hydrique

Si les dégâts sont considérables, ces pluies ont aussi profondément modifié la situation hydrique du pays. En un mois, les apports en eau ont atteint 8,82 milliards de m³, soit presque autant que les deux années précédentes cumulées.

Le taux de remplissage des barrages a plus que doublé, passant de 31,1% à 69,35%, avec 11,62 milliards de m³ stockés un niveau inédit depuis 2018.

Cette abondance soudaine d’eau pourrait atténuer les tensions liées à la sécheresse persistante, mais elle souligne également la vulnérabilité des infrastructures face à des épisodes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents.

Au-delà de l’aide financière, l’enjeu est désormais structurel : adapter les infrastructures, renforcer la gestion des risques et protéger les zones agricoles stratégiques.

Ces inondations rappellent que le défi climatique au Maroc ne se limite plus à la rareté de l’eau. Il s’étend désormais à la gestion de ses excès.

Max Betto Grandes Lignes

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