21 Fév 2026, sam

Iran–États-Unis : Téhéran veut un accord rapide après l’ultimatum de Trump

Iran–États-Unis Téhéran veut un accord rapide après l’ultimatum de Trump

Sous la pression d’un ultimatum américain et d’une économie fragilisée par les sanctions, l’Iran affirme vouloir conclure rapidement un accord avec Washington. Derrière les déclarations diplomatiques, une séquence décisive s’ouvre autour du nucléaire iranien et du rapport de force au Moyen-Orient.

Une négociation sous pression

L’Iran a affiché vendredi sa volonté de parvenir à un accord « rapide » avec les États-Unis, au lendemain des déclarations de Donald Trump évoquant un délai de dix à quinze jours pour décider entre compromis diplomatique et option militaire.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a toutefois cherché à désamorcer la tension en rejetant l’idée d’un ultimatum formel. Selon lui, les discussions en cours portent désormais sur la manière d’aboutir rapidement à un compromis acceptable pour les deux parties.

Cette accélération diplomatique intervient après la reprise du dialogue début février une première depuis la guerre éclair de juin 2025 qui avait opposé Israël et l’Iran, avec une implication militaire américaine directe.

Les sanctions, moteur principal des discussions

Pour Téhéran, l’enjeu prioritaire reste économique.

Depuis des décennies, les sanctions occidentales ont profondément affaibli l’économie iranienne :

  • inflation persistante,
  • chute du rial,
  • baisse du pouvoir d’achat,
  • multiplication des protestations sociales.

Le gouvernement iranien espère qu’un accord permettra une levée progressive des restrictions financières et commerciales. Abbas Araghchi a reconnu sans détour que plus tôt les sanctions seront levées, mieux ce sera pour l’Iran, signe d’une pression interne croissante sur le régime.

Une proposition d’accord pourrait être transmise aux négociateurs américains dans les prochains jours.

Le cœur du blocage : l’enrichissement de l’uranium

La question nucléaire demeure le point central du différend.

Washington réclame des garanties strictes pour empêcher toute militarisation du programme iranien. Donald Trump s’est longtemps prononcé pour une interdiction totale de l’enrichissement d’uranium une ligne rouge pour Téhéran.

Selon la diplomatie iranienne, les États-Unis n’exigeraient plus explicitement un « zéro enrichissement », ce qui pourrait ouvrir une fenêtre de compromis.

Historiquement, l’accord de 2015 autorisait l’Iran à enrichir l’uranium jusqu’à 3,67 %, niveau compatible avec un usage civil. Après le retrait américain en 2018 et le rétablissement des sanctions, Téhéran a progressivement porté ce taux à 60 %, seuil considéré par les experts comme technologiquement proche d’une capacité militaire.

L’Iran insiste sur le caractère « pacifique » de son programme, invoquant son droit au nucléaire civil en tant que signataire du Traité de non-prolifération.

Une diplomatie sous menace militaire

Malgré la reprise du dialogue, la pression sécuritaire reste élevée.

Les États-Unis ont renforcé leur présence navale et aérienne au Moyen-Orient, officiellement pour dissuader toute escalade régionale et peser sur les négociations.

Washington et ses alliés soupçonnent toujours l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, accusation rejetée par Téhéran. Les frappes américaines menées contre trois sites nucléaires iraniens lors du conflit de 2025 continuent d’alimenter les tensions, l’ampleur réelle des dégâts restant inconnue.

Une équation géopolitique plus large

Au-delà du nucléaire, les discussions s’inscrivent dans une recomposition stratégique plus vaste :

  • rivalité États-Unis–Iran au Moyen-Orient,
  • sécurité d’Israël,
  • stabilité énergétique mondiale,
  • influence croissante de la Chine et de la Russie dans la région.

Un accord rapide représenterait une désescalade majeure. Son échec, en revanche, pourrait ouvrir une phase beaucoup plus dangereuse.

L’Iran et les États-Unis semblent aujourd’hui engagés dans une course contre la montre diplomatique.

Téhéran cherche un répit économique.

Washington veut des garanties irréversibles sur le nucléaire.

Max Betto Grandes Lignes

La rédaction vous conseille