1 Mar 2026, dim

Iran : le décès de Khamenei confirmé

Iran le décès de Khamenei confirmé

La République islamique d’Iran a confirmé la mort de son Guide suprême Ali Khamenei, tué lors d’une opération militaire menée conjointement par les États-Unis et Israël. Alors que les frappes se poursuivent et que Téhéran riposte, le Moyen-Orient entre dans une phase d’instabilité d’une ampleur inédite.

Une disparition confirmée par Téhéran

Après plusieurs heures d’incertitude, les autorités iraniennes ont confirmé dimanche la mort d’Ali Khamenei, figure centrale du pouvoir iranien depuis plus de trois décennies.

La télévision d’État et les Gardiens de la révolution ont annoncé sa disparition, promettant « un châtiment sévère » contre les responsables de l’opération militaire qui a visé le territoire iranien.

La mort du Guide suprême avait été annoncée la veille par Donald Trump, affirmant que l’opération avait été conduite grâce à une coopération étroite avec Israël et à des capacités de renseignement avancées.

Selon les autorités iraniennes, une direction transitoire composée du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholam Hossein Mohseni Ejei et d’un membre du Conseil des gardiens assurera la continuité de l’État.

Entre deuil national et scènes de célébration

À Téhéran, des milliers de personnes se sont rassemblées dans les rues pour rendre hommage au dirigeant disparu. Des images diffusées par les médias officiels montrent des foules en larmes scandant des slogans hostiles aux États-Unis et à Israël.

Dans certaines villes, toutefois, des témoins ont rapporté des scènes plus contrastées, marquées par des applaudissements et des célébrations spontanées, illustrant les divisions profondes qui traversent la société iranienne.

Le drapeau noir du deuil a été hissé sur plusieurs sites religieux majeurs, dont le sanctuaire de Machhad.

Des frappes qui se poursuivent

Washington et Israël ont indiqué que les opérations militaires se poursuivraient dans les prochains jours.

L’armée israélienne affirme avoir ciblé des systèmes de défense antiaérienne, des lanceurs de missiles balistiques ainsi que plusieurs responsables militaires iraniens de premier plan, dont le chef des Gardiens de la révolution Mohammad Pakpour et le conseiller stratégique Ali Shamkhani, dont les décès ont été confirmés par Téhéran.

Donald Trump a estimé que ces opérations ouvraient « une opportunité historique » pour le peuple iranien.

Une riposte iranienne immédiate

L’Iran a réagi rapidement en lançant des missiles et des drones contre Israël et plusieurs installations militaires américaines dans la région.

À Tel-Aviv, des tirs ont fait au moins vingt-et-un blessés, tandis qu’un immeuble frappé à Bet Shemesh s’est effondré, provoquant la mort de huit personnes selon les secours israéliens.

Des explosions ont également été signalées dans plusieurs capitales du Golfe, notamment à Riyad, Doha, Abou Dhabi, Dubaï, Koweït et Manama. Plusieurs pays arabes ont annoncé avoir intercepté des projectiles et se sont réservé le droit de répondre.

Aux Émirats arabes unis, des débris de missiles ont causé la mort d’une personne et fait plusieurs blessés.

Un lourd bilan humain

Selon le Croissant-Rouge iranien, plus de 200 personnes ont été tuées dans les frappes menées sur le territoire iranien.

Le pouvoir judiciaire iranien évoque notamment plus d’une centaine de victimes dans une école de jeunes filles, un bilan qui n’a pas pu être vérifié de manière indépendante.

Les bombardements et les ripostes militaires alimentent désormais une spirale de violence régionale dont l’issue reste incertaine.

Des critiques internationales et des inquiétudes croissantes

Aux États-Unis comme à l’étranger, plusieurs responsables politiques et experts ont dénoncé une intervention menée sans cadre international clair ni autorisation du Congrès américain.

Le secrétaire général de l’ONU António Guterres a mis en garde contre une succession d’événements « que personne ne pourra contrôler » dans une région déjà fragile.

Certains observateurs redoutent que la disparition du dirigeant iranien ne provoque une phase d’instabilité interne prolongée, avec des conséquences sécuritaires et humanitaires majeures.

Une région entrée dans une nouvelle phase

La mort d’Ali Khamenei marque un tournant historique pour l’Iran et pour l’ensemble du Moyen-Orient.

Alors que les frappes militaires se poursuivent et que les représailles s’intensifient, la question centrale reste désormais celle de la succession politique à Téhéran et de la capacité des acteurs régionaux à éviter un embrasement généralisé.

Max Betto Grandes Lignes

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