5 Fév 2026, jeu

Le Ghana, nouveau point de chute pour les migrants renvoyés par les États-Unis

Le Ghana, nouveau point de chute pour les migrants renvoyés par les États-Unis

Le président ghanéen John Mahama a confirmé mercredi 10 septembre que son pays a validé l’accueil sur son sol de ressortissants ouest-africains expulsés des États-Unis. Quatorze personnes, dont plusieurs Nigérians, ont déjà transité par Accra dans le cadre de ce nouvel accord conclu entre Washington et le Ghana.

Une politique migratoire exportée par Washington

Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump, qui a multiplié les accords avec des pays africains pour relocaliser des migrants indésirables. Depuis mai, cinq nations le Soudan du Sud, l’Eswatini, le Rwanda, l’Ouganda et désormais le Ghana ont accepté de recevoir des expulsés, parfois sans lien direct avec leurs pays d’accueil.

Au Ghana, l’accord se fonde sur le protocole de la CEDEAO qui autorise la libre circulation des ressortissants ouest-africains. Concrètement, les expulsés d’origine ouest-africaine peuvent donc être réinstallés à Accra, même si leur pays d’origine refuse leur retour.

Entre tensions et réalignements diplomatiques

Pour John Mahama, cette coopération se fait dans un climat déjà tendu avec Washington. Les États-Unis ont récemment restreint l’octroi de visas et imposé de nouveaux droits de douane sur les produits ghanéens, fragilisant une relation déjà compliquée. Le président a d’ailleurs indiqué vouloir renforcer les exportations vers la Chine, signe d’un possible réalignement stratégique.

À l’inverse, d’autres pays africains comme le Niger ont refusé d’entrer dans ce dispositif, dénonçant une “pression considérable” de la part des États-Unis.

Les critiques des défenseurs des droits humains

Cette externalisation des expulsions n’est pas sans controverse. Le Conseil de l’Europe a averti que de telles politiques risquaient de mettre en danger la vie des personnes expulsées, de les exposer à la torture, à des détentions arbitraires ou encore à des expulsions collectives contraires au droit international.

En se positionnant comme partenaire de Washington, Accra prend un pari risqué : renforcer ses liens diplomatiques tout en s’exposant aux critiques internes et internationales.

Paul Lamier Grandes Lignes

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