4 Fév 2026, mer

Le pétrole recule, rassuré par l’option diplomatique de Washington avec Téhéran

Le pétrole recule, rassuré par l’option diplomatique de Washington avec Téhéran

Les marchés pétroliers ont brutalement corrigé lundi, au lendemain de propos de Donald Trump laissant entrevoir la possibilité d’un accord avec l’Iran. Une perspective qui a suffi à faire retomber la prime de risque géopolitique accumulée ces derniers jours.

Dans les premiers échanges en Asie, le baril de WTI américain a chuté de plus de 3 %, glissant sous les 63 dollars, tandis que le Brent de la mer du Nord reculait dans des proportions similaires, repassant sous le seuil des 68 dollars. Un mouvement net, après plusieurs séances de tension alimentées par la crainte d’une confrontation militaire au Moyen-Orient.

La diplomatie plutôt que l’escalade

Dimanche, Donald Trump a déclaré espérer « trouver un accord » avec Téhéran, tout en maintenant une rhétorique de fermeté. Cette ouverture, même prudente, a été interprétée par les investisseurs comme un signal d’apaisement, réduisant le risque d’une perturbation majeure de l’offre mondiale.

Ces déclarations sont intervenues quelques heures après une nouvelle mise en garde du guide suprême iranien, Ali Khamenei, qui a évoqué le risque d’une « guerre régionale » en cas d’attaque américaine. Un échange verbal tendu, mais qui, aux yeux des marchés, laisse encore la porte ouverte à une solution négociée.

Une prime de risque qui se dégonfle

La semaine précédente, les prix du pétrole s’étaient envolés à la faveur de scénarios plus sombres. Une intervention américaine contre l’Iran faisait planer la menace d’un choc sur la production régionale, mais surtout sur la sécurité du détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième du brut mondial.

Jeudi, le Brent avait ainsi dépassé les 70 dollars, atteignant un sommet inédit depuis l’été dernier, tandis que le WTI franchissait brièvement les 65 dollars. L’annonce d’un possible accord a inversé cette dynamique, ramenant les cours vers des niveaux jugés plus cohérents avec l’équilibre actuel de l’offre et de la demande.

Un marché suspendu aux déclarations politiques

Cette nouvelle baisse illustre une réalité persistante : le marché pétrolier reste extrêmement sensible aux signaux géopolitiques, en particulier lorsque ceux-ci émanent de Washington ou concernent l’Iran. La moindre inflexion du discours américain suffit à déplacer les cours de plusieurs dollars en quelques heures.

À court terme, les investisseurs continueront de scruter les échanges entre les deux capitales. Entre menaces, avertissements et ouvertures diplomatiques, le pétrole évolue désormais au rythme des déclarations politiques, plus encore que des fondamentaux économiques.

Max Betto Grandes Lignes

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