10 Mar 2026, mar

Liban : Human Rights Watch accuse Israël d’avoir utilisé du phosphore blanc dans des zones habitées

Liban Human Rights Watch accuse Israël d’avoir utilisé du phosphore blanc dans des zones habitées

L’organisation de défense des droits humains affirme avoir identifié l’utilisation de munitions au phosphore blanc dans le sud du Liban, une accusation que l’armée israélienne dit ne pas être en mesure de confirmer. L’incident intervient dans un contexte d’escalade militaire entre Israël et le Hezbollah.

Des accusations portant sur une frappe dans le sud du Liban

L’ONG Human Rights Watch accuse l’armée israélienne d’avoir utilisé des munitions au phosphore blanc au-dessus d’une zone résidentielle du sud du Liban.

Selon l’organisation, ces tirs auraient eu lieu le 3 mars dans la localité de Yohmor, près de la frontière israélienne. Les chercheurs de HRW affirment avoir analysé plusieurs images et vidéos montrant des explosions caractéristiques de ce type de munitions.

D’après l’ONG, ces projectiles auraient explosé au-dessus d’habitations, provoquant des incendies et mobilisant les équipes de la défense civile libanaise pour éteindre les flammes.

L’armée israélienne ne confirme pas

L’armée israélienne, pour sa part, affirme ne pas disposer d’éléments confirmant ces accusations.

Dans une déclaration officielle, les forces armées d’Israel indiquent ne pas être « au courant » d’un usage de phosphore blanc dans cette zone.

Elles rappellent également que leur politique consiste à ne pas utiliser ce type de munitions dans des zones densément peuplées, sauf dans certaines circonstances opérationnelles.

Une substance aux effets controversés

Le phosphore blanc est une substance chimique qui s’enflamme au contact de l’oxygène.

Dans les opérations militaires, il est principalement utilisé pour produire des écrans de fumée ou éclairer les champs de bataille.

Mais son usage dans des zones habitées est particulièrement controversé. Lorsqu’il entre en contact avec la peau, il peut provoquer de graves brûlures, des lésions respiratoires et des blessures potentiellement mortelles.

Pour cette raison, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement son utilisation dans des environnements civils.

Des accusations déjà formulées par le passé

Ce n’est pas la première fois que des ONG accusent Israël d’avoir utilisé du phosphore blanc au Liban.

Selon Human Rights Watch, des épisodes similaires auraient été documentés lors des affrontements survenus ces dernières années le long de la frontière israélo-libanaise.

Ces frappes auraient notamment provoqué des incendies dans des zones agricoles et des régions boisées du sud du Liban, contribuant au déplacement de populations civiles.

Un conflit régional qui s’intensifie

Les accusations interviennent dans un contexte d’escalade militaire entre Hezbollah, soutenu par l’Iran, et l’armée israélienne.

Depuis plusieurs jours, les échanges de tirs se multiplient le long de la frontière. Les autorités israéliennes ont appelé les habitants de plusieurs zones du sud du Liban à évacuer, tandis que des bombardements ont visé différentes localités proches de la frontière.

Dans le même temps, les autorités libanaises ont accusé Israël d’avoir mené d’autres opérations controversées, notamment l’utilisation d’herbicides près de la frontière, ce qui suscite également des inquiétudes quant aux conséquences environnementales et sanitaires.

Dans une région déjà fragilisée par des années de tensions, ces accusations viennent renforcer les craintes d’un élargissement du conflit au-delà du front israélo-libanais.

Paul Lamier Grandes Lignes

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