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L’ONU entérine la feuille de route américaine pour Gaza

L’ONU entérine la feuille de route américaine pour Gaza

Lecture 06 min. Publié le 18 novembre 2025

Le Conseil de sécurité a adopté la résolution portée par Washington, qui prévoit un cessez-le-feu encadré, un mécanisme international de stabilisation et, pour la première fois dans ce texte, une référence explicite à une éventuelle démarche vers l’État palestinien.

Un vote sous pression américaine

Lundi soir, le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé la résolution défendue par les États-Unis pour Gaza. Après des semaines de tractations, le texte soutient le plan de paix présenté par Donald Trump et autorise le déploiement d’une force internationale chargée de sécuriser l’enclave palestinienne.

La Chine et la Russie se sont abstenues, mais n’ont pas bloqué l’initiative. Un résultat dont le président américain s’est immédiatement félicité.

Une résolution profondément remaniée

Le texte présenté à New York a été réécrit à plusieurs reprises pour rallier des soutiens. Il « endosse » officiellement l’accord négocié depuis octobre, qui a permis l’instauration d’un cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas.

Fait notable, la dernière version mentionne la perspective d’un État palestinien, conditionnée à une réforme de l’Autorité palestinienne et à une normalisation du contrôle sécuritaire à Gaza.

Une force internationale de stabilisation

Le cœur de la résolution autorise la mise en place d’une ISF, une force internationale chargée de sécuriser les frontières, de protéger les populations civiles, d’encadrer la démilitarisation de Gaza et de former une police locale.

La composition de cette force n’est pas détaillée, mais son mandat inclut le désarmement des groupes armés et la gestion de l’ordre public dans une enclave dévastée par deux ans de combats.

Réactions opposées des acteurs régionaux

Pour l’Union européenne, ce texte constitue une étape « indispensable » pour garantir un accès humanitaire plus large et consolider la trêve. La France s’est félicitée d’un texte qui « répond aux urgences civiles » tout en réintroduisant la perspective politique d’un État palestinien.

Israël, lui, écarte toute discussion sur cette option. Benyamin Nétanyahou l’a répété ce week-end : son gouvernement refuse la création d’un État palestinien, quel que soit son périmètre. L’ambassadeur israélien à l’ONU a insisté sur la priorité donnée au retour des otages et au démantèlement complet du Hamas.

Le Hamas rejette un texte jugé intrusif

Le mouvement islamiste a dénoncé une résolution qui « place Gaza sous tutelle internationale » et « ignore les droits politiques du peuple palestinien ».

Selon le Hamas, la création d’un comité de paix présidé par Donald Trump et d’une force internationale revient à priver Gaza de sa souveraineté et à imposer un contrôle extérieur.

Des réserves persistantes

Plusieurs États ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’ambiguïté du mandat du comité de paix et aux contours flous de la force internationale.

La Russie a déposé un texte concurrent, estimant que la version américaine ne va pas assez loin sur l’engagement envers la solution à deux États. Moscou dénonce également le transfert du contrôle politique de Gaza à Washington.

Un texte qui engage, mais ne règle rien

Si ce vote marque un tournant diplomatique, rien n’indique que les conditions politiques sur le terrain permettront d’appliquer rapidement ces engagements.

Les divergences entre Israël, le Hamas, l’Autorité palestinienne et les grandes puissances restent profondes, et l’équilibre obtenu lundi peut encore voler en éclats.

Paul Lamier Grandes Lignes

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