Après plusieurs jours de silence qui ont alimenté les spéculations, Assimi Goïta est réapparu publiquement. Le chef de la transition malienne a assuré que la situation sécuritaire était désormais « maîtrisée », tout en reconnaissant la gravité des attaques qui ont secoué le pays.
Une prise de parole attendue dans un climat de tension
Le président malien s’est rendu au chevet de blessés, civils et militaires, avant de s’exprimer à la télévision nationale. Une apparition destinée à réaffirmer son autorité, alors que son absence avait nourri doutes et inquiétudes.
Dans son discours, Assimi Goïta a affirmé que les forces armées avaient « déjoué le plan de l’ennemi » et neutralisé un nombre important d’assaillants. Il a néanmoins évoqué une situation « d’extrême gravité », appelant à un sursaut national face à la crise.
Un appel à l’unité qui ne suffit pas à rassurer
Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de ne pas céder à la panique ni aux divisions, mettant en garde contre la désinformation qu’il présente comme une arme utilisée par les groupes armés.
Mais au-delà des mots, ce discours peine à produire un effet d’apaisement. Dans une partie de l’opinion, le sentiment d’incertitude demeure. L’ampleur des attaques, la perte de positions stratégiques et la disparition de figures clés du régime ont profondément marqué les esprits.
Une mobilisation populaire qui monte
Face à cette situation, une autre dynamique émerge. Dans plusieurs villes, des Maliens expriment leur volonté de s’engager pour défendre le territoire. Cette aspiration, encore diffuse mais réelle, traduit un réflexe de mobilisation nationale dans un contexte de menace directe.
Entre inquiétude et détermination, une partie de la population semble prête à s’impliquer davantage, au-delà des appels officiels, pour faire face à ce qu’elle perçoit comme une remise en cause de l’intégrité du pays.
Mali : convergence JNIM-Azawad, recul militaire et retrait russe, le pouvoir à l’épreuve

Une offensive d’ampleur inédite
Les attaques coordonnées menées dans plusieurs régions, dont Bamako et Kati, ont profondément ébranlé le pouvoir. La mort du ministre de la Défense Sadio Camara, figure centrale du régime, a marqué un tournant.
Dans le nord, les groupes armés poursuivent leur progression. La perte de certaines positions, dont Kidal, confirme la difficulté pour les autorités de contenir une offensive désormais structurée.
Le soutien russe réaffirmé, mais un équilibre fragile
Dans ce contexte, Assimi Goïta a réaffirmé le caractère stratégique du partenariat avec la Russie. L’ambassadeur russe à Bamako a renouvelé l’engagement de Moscou aux côtés du Mali dans la lutte contre le terrorisme.
Malgré cet appui, les autorités reconnaissent que la situation reste « difficile ». Les opérations militaires se poursuivent, tandis que le terrain demeure instable.
Une capitale sous pression
La menace s’étend désormais jusqu’aux abords de Bamako. L’annonce d’un possible blocus par le JNIM, même incertaine, illustre la capacité des groupes armés à porter la pression jusqu’au cœur du pouvoir.
Dans ce contexte, plusieurs chancelleries ont appelé leurs ressortissants à limiter leurs déplacements, signe d’une inquiétude persistante.
Un pouvoir confronté à l’épreuve du réel
En affirmant que la situation est sous contrôle, Assimi Goïta cherche à reprendre la main. Mais entre discours officiel, doutes dans l’opinion et montée d’une mobilisation populaire spontanée, le pouvoir malien fait face à une équation complexe.
La séquence en cours ne se joue plus uniquement sur le terrain militaire. Elle se joue aussi dans la capacité du régime à convaincre, à rassurer et à canaliser une population désormais directement concernée par l’évolution du conflit.













