11 Mar 2026, mer

Mali : Washington cherche à reprendre ses opérations de renseignement

Mali Washington cherche à reprendre ses opérations de renseignement

Après plusieurs années de relations tendues, les États-Unis et le Mali pourraient amorcer un rapprochement sécuritaire. Washington serait sur le point de conclure un accord avec les autorités maliennes afin de reprendre ses opérations de renseignement visant les groupes djihadistes actifs dans la région.

Un possible retour du renseignement américain

Selon plusieurs sources citées par Reuters, les États-Unis négocient actuellement avec les autorités militaires du Mali pour reprendre des missions de surveillance aérienne dans l’espace sahélien.

Ces opérations reposeraient principalement sur l’utilisation de drones et d’avions de reconnaissance afin de suivre les mouvements des groupes armés dans les zones les plus instables du pays.

La principale cible de ces opérations serait le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une organisation affiliée à Al‑Qaida et considérée comme l’un des acteurs djihadistes les plus puissants du Sahel.

Depuis plusieurs années, ce groupe a renforcé sa présence dans de nombreuses régions du Mali et dans les zones frontalières avec le Burkina Faso et le Niger.

Washington amorce un réchauffement diplomatique

Le rapprochement entre Bamako et Washington semble avoir commencé à la fin du mois de février.

Le 27 février, les États-Unis ont décidé de lever certaines sanctions visant le ministre malien de la Défense ainsi que plusieurs hauts responsables du pays. Ces sanctions avaient été imposées en raison de soupçons de coopération avec des mercenaires russes présents au Sahel.

Cette décision a été interprétée comme un geste destiné à relancer le dialogue entre les deux pays.

Les autorités maliennes ont salué cette initiative, estimant qu’elle pourrait contribuer à améliorer les relations bilatérales tout en respectant la souveraineté nationale.

Dans la foulée, le responsable du bureau des affaires africaines du département d’État américain, Nick Checchi, s’est rendu à Bamako pour rencontrer les dirigeants maliens.

Un contexte sécuritaire de plus en plus préoccupant

La reprise d’une coopération sécuritaire intervient dans un contexte marqué par une forte dégradation de la situation au Sahel.

Selon plusieurs estimations internationales, la région concentre aujourd’hui une part très importante des attaques terroristes dans le monde.

Les groupes djihadistes continuent d’étendre leur influence dans certaines zones rurales, notamment au Mali où le JNIM et l’organisation dite État islamique au Sahel consolident progressivement leurs positions.

À la fin de l’année 2025, certaines régions du Mali ont été confrontées à des blocages logistiques imposés par ces groupes armés, notamment sur les axes de transport et les approvisionnements en carburant.

La rivalité stratégique avec Moscou

Le possible retour des États-Unis dans le dispositif sécuritaire sahélien s’inscrit aussi dans une rivalité d’influence avec la Russie.

Depuis le retrait progressif des forces occidentales, Moscou s’est imposé comme l’un des principaux partenaires sécuritaires de plusieurs gouvernements militaires du Sahel.

Au Mali, ce soutien passe notamment par la présence de combattants liés à Africa Corps, une structure militaire russe active dans plusieurs pays africains.

Washington cherche donc à éviter que la Russie ne devienne l’unique acteur extérieur influençant les équilibres sécuritaires dans la région.

Une coopération limitée mais stratégique

Malgré ce rapprochement, les États-Unis ne semblent pas envisager un retour massif de troupes au Sahel.

La coopération envisagée reposerait principalement sur le renseignement aérien et sur un soutien ponctuel à la formation des forces locales.

Cette approche correspond à la ligne politique de Donald Trump, qui a promis à sa base politique de limiter l’implication militaire américaine dans les conflits étrangers.

Washington cherche donc à maintenir une présence stratégique sans s’engager dans une nouvelle intervention militaire directe.

Paul Lamier Grandes Lignes

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