5 Fév 2026, jeu

Mort de Roman Starovoït, quelques heures après son limogeage par le Kremlin

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Le corps de Roman Starovoït, récemment démis de ses fonctions de ministre des Transports de la Fédération de Russie, a été retrouvé sans vie, quelques heures après l’annonce officielle de sa révocation. Selon les premières déclarations du Comité d’enquête, les éléments initiaux orientent vers un suicide.

Âgé de 53 ans, Starovoït avait été nommé ministre en mai 2024, après avoir dirigé la région de Koursk pendant plusieurs années. Sa destitution, annoncée dans la matinée du 9 juillet via un décret publié sur le site du Kremlin, n’a été accompagnée d’aucun commentaire explicatif. Interrogé sur le sujet, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s’est contenté d’indiquer qu’aucune faute grave n’était mentionnée dans le décret, ajoutant qu’il s’agissait d’« une décision du chef de l’État ».

Quelques heures après l’annonce, la porte-parole du Comité d’enquête, Svetlana Petrenko, a confirmé le décès de Starovoït et précisé qu’une enquête criminelle avait été ouverte « comme le prévoit la procédure », bien que les premiers indices pointent vers un suicide.

Une éviction au parfum de scandale

Selon plusieurs médias russes, cette éviction précipitée pourrait être liée à une affaire de détournement de fonds publics. Les fonds en question étaient destinés à la construction de fortifications dans la région de Koursk, une zone stratégique située à la frontière ukrainienne. Des carences dans ces travaux auraient été relevées après une incursion de forces ukrainiennes en août 2024, alimentant les soupçons sur la gestion des budgets alloués à la défense territoriale.

Le contexte général reste marqué par une forte tension sécuritaire. Le week-end précédant le décès de Starovoït, plusieurs aéroports du pays avaient suspendu leurs opérations en raison de frappes de drones ukrainiens, illustrant la vulnérabilité persistante de certaines infrastructures.

Dans la foulée de la révocation de Starovoït, le président Vladimir Poutine a nommé Andrey Nikitine, ancien gouverneur de la région de Novgorod et adjoint du défunt ministre, pour assurer l’intérim au ministère des Transports. Ce remplacement rapide laisse peu de place à l’incertitude au sommet de l’administration, mais n’éteint pas les interrogations autour des causes exactes du limogeage et du décès.

Alors que les autorités russes avancent prudemment l’hypothèse du suicide, de nombreux observateurs pointent du doigt le climat de pression qui entoure les hauts responsables en période de guerre prolongée et d’instabilité croissante. Reste à savoir si l’enquête en cours viendra confirmer les soupçons d’un scandale latent, ou si elle s’en tiendra à la version officielle.

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