À l’issue d’une nouvelle rencontre à Washington entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu, le dossier iranien revient au centre du jeu diplomatique. Si le président américain estime réunir les « conditions » pour parvenir à un accord avec Téhéran, le Premier ministre israélien affiche, lui, une prudence assumée.
Une ouverture américaine
En quittant la capitale américaine, Benjamin Netanyahu a expliqué que Donald Trump considérait que la pression exercée sur l’Iran pourrait créer un contexte favorable à un « bon accord ».
Selon lui, la Maison Blanche parie sur deux leviers :
– le renforcement des sanctions et de la pression militaire indirecte ;
– la conviction que Téhéran aurait commis une erreur en refusant de conclure un accord lors d’un précédent cycle de négociations.
Les discussions entre Washington et la République islamique ont repris le 6 février à Oman, une première depuis la guerre éclair de douze jours entre Israël et l’Iran en juin 2025.
Le scepticisme israélien
Mais si Washington se montre ouvert à la négociation, Israël adopte une posture plus réservée.
Benjamin Netanyahu a indiqué avoir exprimé à Donald Trump « un certain scepticisme » quant à la solidité d’un éventuel compromis. Pour Tel-Aviv, un accord ne peut se limiter au programme nucléaire iranien.
Le Premier ministre israélien insiste sur trois points :
– l’inclusion des missiles balistiques dans le périmètre des discussions ;
– le gel du soutien iranien aux groupes armés régionaux ;
– des garanties sécuritaires jugées indispensables pour Israël.
Il vise explicitement les mouvements alliés de Téhéran comme le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza ou encore les Houthis au Yémen.
Pression militaire et diplomatie parallèle
Depuis le début de l’année, Donald Trump a multiplié les avertissements à l’encontre de Téhéran, tout en déployant une présence navale accrue dans le Golfe.
La rencontre avec Benjamin Netanyahu était la septième entre les deux dirigeants depuis le retour du président américain à la Maison Blanche en janvier 2025. Les deux responsables ont convenu de maintenir une coordination étroite.
Malgré les tensions, la Maison Blanche affirme vouloir poursuivre le dialogue. Une posture qui contraste avec la ligne plus ferme défendue par le chef du gouvernement israélien, qui continue de considérer l’option militaire comme une solution possible face au programme nucléaire iranien.
La reprise des discussions intervient dans un contexte fragile :
– contestation interne en Iran ;
– méfiance persistante entre Washington et Téhéran ;
– inquiétudes sécuritaires israéliennes.
Pour Israël, la question des missiles balistiques constitue une ligne rouge stratégique, l’Iran se trouvant à environ 2 000 kilomètres de son territoire.
Entre volonté américaine de tester une voie diplomatique et prudence israélienne face aux intentions de Téhéran, l’équation reste complexe.
Max Betto Grandes Lignes











