Un nouveau chapitre s’ouvre dans la coopération sécuritaire entre Abuja et Washington. Les premières troupes américaines ont atterri à Maiduguri, dans l’État de Borno, marquant un renforcement inédit de la présence militaire des États-Unis au Nigeria. Officiellement non combattante, la mission n’en constitue pas moins un signal stratégique fort dans un contexte régional instable.
Un déploiement encadré mais hautement symbolique
Selon les autorités nigérianes et américaines, environ 200 militaires américains analystes, formateurs et conseillers doivent être déployés progressivement dans le nord du pays.
Le général Samaila Uba, porte-parole de la défense nigériane, a précisé que ces effectifs interviendraient exclusivement dans la formation et l’assistance technique. Les forces armées nigérianes conserveront le commandement intégral des opérations.
Du côté du Pentagone, la ligne est identique : appui indirect, planification stratégique, amélioration du renseignement et des communications sécurisées. Aucun engagement direct au combat n’est officiellement prévu.
Maiduguri, épicentre d’une guerre prolongée
Capitale de l’État de Borno, Maiduguri reste le symbole de la lutte contre Boko Haram et contre les factions affiliées à l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest.
La région de la Middle Belt, marquée par des violences intercommunautaires meurtrières, figure également parmi les zones concernées par l’assistance américaine.
L’objectif affiché est double : renforcer les capacités des forces spéciales nigérianes et optimiser l’exploitation du renseignement, notamment grâce aux données de surveillance aérienne opérant depuis le Ghana voisin.
Une pression politique venue de Washington
Ce déploiement intervient dans un climat diplomatique tendu. Le président Donald Trump a récemment critiqué Abuja pour son incapacité à contenir certaines attaques djihadistes.
Fin décembre, une frappe américaine menée sur le sol nigérian avait déjà marqué une inflexion notable dans la posture de Washington, soulevant des interrogations sur la souveraineté du pays.
L’arrivée des troupes américaines apparaît ainsi comme l’aboutissement d’une séquence diplomatique et militaire plus large.
Un repositionnement régional
Alors que les forces occidentales ont réduit leur présence au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les États-Unis semblent reconfigurer leur dispositif antiterroriste autour du Nigeria, première puissance démographique et économique d’Afrique.
Dans un Sahel en recomposition stratégique, ce redéploiement pourrait marquer un tournant durable pour l’équilibre sécuritaire en Afrique de l’Ouest.
Max Betto Grandes Lignes











