5 Fév 2026, jeu

Paris conseille aux Français de quitter le Mali

Paris conseille aux Français de quitter le Mali

Le ministère français des Affaires étrangères recommande aux Français installés au Mali de quitter le pays « dès que possible ». Une décision prise dans un contexte d’asphyxie progressive du pays par un blocus jihadiste et de pénuries croissantes de carburant à Bamako et dans plusieurs régions.

Une situation sécuritaire qui se détériore

La diplomatie française a publié ce jeudi 7 novembre un communiqué appelant ses ressortissants à « prévoir un départ temporaire du Mali dès que possible ». Paris leur conseille également « d’éviter les déplacements par voie terrestre », une mesure exceptionnelle qui illustre la gravité du contexte.

Depuis plusieurs semaines, la capitale Bamako et de vastes zones du centre et du nord du pays sont confrontées à une dégradation accélérée des conditions de sécurité, marquée par l’isolement progressif de la capitale sous l’effet d’un blocus imposé par les groupes jihadistes du Jnim, affiliés à al-Qaïda.

Un pays paralysé par le blocus jihadiste

Les conséquences du siège se font sentir dans tout le pays : pénuries de carburant, inflation des denrées, blocage des axes routiers et raréfaction des approvisionnements. Le Jnim multiplie les attaques contre les convois civils et militaires, coupant les principales routes menant à Bamako.

Ce blocus vise à affaiblir le gouvernement de transition dirigé par le colonel Assimi Goïta, isolé depuis la rupture avec la France et la montée en puissance de la coopération avec la Russie.

Des chancelleries sur le qui-vive

Paris n’est pas la seule capitale à réagir. Les États-Unis, le Canada, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont également conseillé à leurs ressortissants de quitter le Mali « sans délai ». Ces avertissements concordants traduisent une inquiétude croissante quant à la capacité des autorités maliennes à garantir la sécurité des civils étrangers, notamment dans un contexte de pénuries de carburant et d’instabilité régionale.

Un climat politique et économique tendu

Le Mali, sous sanctions économiques allégées depuis son retrait de la CEDEAO, subit aujourd’hui les effets conjugués du repli économique, de la baisse des échanges commerciaux et du durcissement des opérations militaires.

Le départ de la MINUSMA et la réduction de la présence diplomatique occidentale ont accentué l’isolement du régime. Les relations entre Bamako et ses partenaires traditionnels, déjà fragilisées, se détériorent davantage avec ces appels au départ.

Paul Lamier Grandes Lignes

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