5 Fév 2026, jeu

Paul Kagame face à la pression internationale : Kigali refuse l’ultimatum

Paul Kagame face à la pression internationale Kigali refuse l’ultimatum

À l’ouverture du Dialogue national rwandais, jeudi 5 février, le président Paul Kagame a livré un discours offensif, largement consacré au conflit persistant dans l’est de la République démocratique du Congo. Devant les représentants du gouvernement, de la société civile et des citoyens réunis pour l’Umushyikirano, le chef de l’État rwandais a rejeté avec vigueur les accusations visant Kigali et dénoncé ce qu’il considère comme une pression internationale à sens unique.

Rejet des accusations sur les minerais et la sécurité régionale

Paul Kagame a balayé les allégations d’exploitation illégale des ressources minières congolaises par le Rwanda, les qualifiant d’arguments politiques détournant l’attention des véritables causes de l’instabilité régionale. Il a insisté sur la présence, selon Kigali, de groupes armés liés aux anciens responsables du génocide de 1994 opérant depuis le territoire congolais, une menace qu’il juge existentielle pour la sécurité du Rwanda.

Un ton de défi face aux sanctions

Évoquant explicitement les menaces de sanctions internationales, le président rwandais a dénoncé un enchaînement de pressions qu’il estime injustes. « On ne peut pas créer des problèmes, puis venir m’en rendre responsable et ensuite me menacer », a-t-il lancé, affirmant préférer la confrontation à ce qu’il décrit comme une tentative d’« étouffement diplomatique ».

Pour Kagame, cette logique détourne le débat des causes profondes du conflit et alimente un climat de confrontation stérile.

Tshisekedi directement mis en cause

Le chef de l’État rwandais a également visé son homologue congolais, Félix Tshisekedi, l’accusant d’entretenir un discours agressif tout en bénéficiant, selon lui, d’une indulgence internationale. « Quand on traite un pays ou un président comme un enfant gâté, il n’y a jamais de reproche adressé à ceux qui ont créé le problème et continuent à l’entretenir », a-t-il affirmé, estimant que cette attitude décourage toute recherche de solution durable.

Une ligne de fermeté assumée

À travers cette prise de parole, Paul Kagame a clairement affiché la ligne de Kigali : refuser toute injonction extérieure jugée déséquilibrée et réclamer une approche régionale qu’il estime plus équitable. Le Dialogue national, traditionnellement consacré aux enjeux internes du Rwanda, s’est ainsi ouvert sous le signe d’une tension diplomatique assumée, reflet d’un bras de fer régional et international appelé à se poursuivre.

Dans un contexte de crispation croissante autour de l’est de la RDC, le discours du président rwandais marque une nouvelle étape dans l’affirmation d’une posture de défi face aux pressions extérieures, tout en renvoyant la communauté internationale à ce qu’il considère comme ses propres contradictions.

Max Betto Grandes Lignes

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