15 Fév 2026, dim

RDC : Kinshasa accepte le cessez-le-feu, le M23 crie à la « manipulation »

RDC Kinshasa accepte le cessez-le-feu, le M23 crie à la « manipulation »

Kinshasa dit oui « au principe ». Le M23 dénonce une manœuvre. Entre déclarations diplomatiques et combats persistants sur le terrain, la perspective d’un cessez-le-feu dans l’est de la RDC reste fragile. La médiation angolaise avance, mais la méfiance domine toujours.

Un accord de principe… sans date ferme

La présidence congolaise a annoncé avoir accepté « le principe d’un cessez-le-feu » proposé par l’Angola, médiateur régional du conflit. Luanda avait suggéré une entrée en vigueur des hostilités le 18 février à midi.

Mais Kinshasa n’a pas confirmé officiellement cette échéance.

Dans son communiqué, le pouvoir congolais pose des conditions strictes :
• gel immédiat des positions militaires,
• arrêt de tout renforcement,
• cessation des rotations offensives,
• fin de tout appui extérieur aux groupes armés opérant sur le territoire national.

Un cadre qui vise implicitement le soutien présumé du Rwanda au M23.

Le M23 rejette l’attitude de Kinshasa

De son côté, le groupe armé M23 accuse le gouvernement congolais de « manœuvres dilatoires » et de « tentatives de manipulation ».

Selon ses responsables, les forces armées congolaises poursuivraient des « attaques indiscriminées » dans certaines zones, notamment autour de Minembwe, dans le Sud-Kivu.

Le mouvement estime que Kinshasa affiche une adhésion de façade tout en continuant les opérations militaires.

La fracture narrative est totale.

Un terrain toujours sous tension

Sur le terrain, les affrontements ne se sont pas arrêtés. L’armée congolaise, appuyée par des milices locales et des troupes burundaises, mène toujours des offensives contre des groupes alliés au M23.

Depuis début 2025, le mouvement rebelle s’est emparé successivement de Goma et Bukavu, modifiant profondément l’équilibre militaire dans l’est du pays.

Et l’histoire récente incite à la prudence : plusieurs cessez-le-feu ont déjà été signés depuis 2021. Tous ont été violés.

La Monusco en position d’observation

La Mission des Nations unies en RDC (Monusco) prépare un dispositif de surveillance.

Sa cheffe par intérim a atterri à l’aéroport de Goma, fermé depuis la prise de la ville par le M23. Une mission de reconnaissance est annoncée à Uvira.

Près de 7 000 Casques bleus sont déployés dans l’est congolais. Mais leur action dépendra de garanties de sécurité réelles.

Une médiation sous pression

Après les accords de Doha et de Washington, restés sans effet concret, le dossier est désormais piloté par l’Union africaine. Le président togolais Faure Gnassingbé mène la médiation, épaulé par son homologue angolais João Lourenço.

Une précédente tentative de médiation angolaise avait échoué fin 2024.

La pression internationale, notamment américaine, semble aujourd’hui plus forte. Mais la confiance entre les parties reste extrêmement faible.

Un cessez-le-feu possible, mais incertain

Kinshasa accepte « le principe ». Le M23 conteste la sincérité du pouvoir congolais. Les combats continuent.

La date du 18 février pourrait marquer un tournant… ou devenir un nouvel épisode dans la longue série des trêves avortées.

Max Betto Grandes Lignes

La rédaction vous conseille