15 Fév 2026, dim

Russie : fin annoncée pour WhatsApp, le Kremlin assume et promeut la messagerie d’État

Russie fin annoncée pour WhatsApp, le Kremlin assume et promeut la messagerie d’État

La décision est désormais officielle. Le Kremlin a confirmé le blocage de WhatsApp sur le territoire russe, invoquant le refus de l’entreprise de se conformer à la législation nationale. Une mesure qui s’inscrit dans une stratégie plus large de recentrage numérique et de promotion d’outils domestiques.

Un blocage assumé

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé que l’autorité de régulation russe avait « mis en œuvre » la restriction. De son côté, WhatsApp filiale du groupe Meta a dénoncé une tentative de « blocage complet », estimant que priver plus de 100 millions d’utilisateurs russes d’un service chiffré constitue un recul pour la sécurité des communications privées.

Pour l’heure, la coupure n’est pas uniforme. Certains utilisateurs affirment encore pouvoir accéder à l’application sans VPN, signe d’un déploiement progressif ou partiel des restrictions.

MAX, la messagerie nationale en vitrine

En parallèle, Moscou encourage activement l’usage de MAX, une application lancée en 2025 par le groupe VK. Présentée comme une « messagerie nationale en émergence », elle revendique plus de 75 millions d’utilisateurs.

Dans plusieurs écoles, la transition semble déjà effective. Des parents témoignent que les communications scolaires ont migré vers MAX depuis plusieurs semaines. L’application se veut polyvalente : services administratifs, commerce en ligne, échanges privés… une super-app à la russe.

Mais à la différence de WhatsApp, MAX ne propose pas de chiffrement de bout en bout, ce qui alimente les inquiétudes d’avocats et de défenseurs des libertés numériques, qui redoutent un outil de surveillance renforcé.

Telegram également dans le viseur

Le régulateur russe a aussi restreint cette semaine Telegram, autre service très populaire dans le pays. Officiellement, il lui est reproché de ne pas respecter certaines obligations légales.

Depuis l’été dernier, les appels vocaux via Telegram et WhatsApp avaient déjà été interdits. Ces nouvelles mesures marquent une étape supplémentaire dans le contrôle des plateformes étrangères.

Un isolement numérique ?

Dans les rues de Moscou, les réactions oscillent entre résignation et scepticisme. Certains estiment que la Russie, acteur majeur du commerce international, ne peut se permettre un isolement total. D’autres s’inquiètent d’une promotion jugée trop insistante des alternatives nationales.

La stratégie du Kremlin s’inscrit dans un contexte plus large de souveraineté numérique : réduire la dépendance aux plateformes occidentales et renforcer le contrôle des flux d’information.

Le blocage de WhatsApp symbolise une nouvelle phase dans la reconfiguration du paysage numérique russe. Officiellement motivée par le respect du droit national, la décision soulève des interrogations sur la protection des données, la liberté de communication et l’équilibre entre sécurité et contrôle.

Max Betto Grandes Lignes

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