17 Fév 2026, mar

Tensions intercoréennes : Pyongyang menace après un incident de drone

Tensions intercoréennes Pyongyang menace après un incident de drone

La péninsule coréenne retrouve un climat électrique. La Corée du Nord a promis une réponse « terrible » en cas de nouvelle incursion de drone venu du Sud, après la destruction d’un appareil près de la frontière intercoréenne en janvier.

Un drone abattu près de Kaesong

Selon l’agence officielle KCNA, un drone équipé de matériel de surveillance aurait été abattu à proximité de Kaesong, non loin de la zone démilitarisée qui sépare les deux États depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953).

Kim Yo Jong, sœur influente du dirigeant nord-coréen, a adressé un avertissement direct : toute nouvelle violation de la souveraineté de la RPDC entraînerait une réaction sévère. Peu importe, a-t-elle insisté, que l’opération émane d’une institution officielle ou d’acteurs civils.

Des images publiées par KCNA montrent l’épave de l’appareil, dont certains composants auraient servi à photographier des « cibles importantes » dans les zones frontalières.

Séoul entre dialogue et enquête

Du côté de la Corée du Sud, les autorités ont ouvert une enquête. L’armée affirme ne pas utiliser ce type de drone, présenté comme un modèle disponible dans le commerce.

Le président sud-coréen Lee Jae Myung, investi en juin, plaide pour une reprise du dialogue avec le Nord, rompant avec la ligne plus dure de son prédécesseur Yoon Suk Yeol.

Mais l’incident complique sa stratégie d’apaisement. Trois civils ont été inculpés, et des soldats ainsi qu’un agent des services de renseignement sont également visés par l’enquête. Séoul promet désormais des mesures préventives pour éviter toute répétition.

Une escalade sous haute surveillance

Les deux Corées n’ont jamais signé de traité de paix formel, seulement un armistice. Chaque incident frontalier peut donc raviver les tensions.

Pyongyang accuse régulièrement le Sud de mener des opérations de propagande par drones, notamment pour larguer des tracts. Séoul, de son côté, craint qu’un tel épisode ne serve de prétexte à une démonstration de force nord-coréenne.

En toile de fond, un autre facteur pèse : la perspective d’une reprise de discussions nucléaires avec les États-Unis. Certains analystes estiment que le climat actuel pourrait influencer la posture nord-coréenne avant le prochain congrès du parti au pouvoir.

L’incident du drone révèle la fragilité persistante de la détente intercoréenne. Entre appels au dialogue et menaces de représailles, la péninsule demeure suspendue à la moindre étincelle diplomatique ou militaire.

Max Betto Grandes Lignes

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