17 Avr 2026, ven

Trump diffuse puis retire une vidéo raciste montrant les Obama en singes

Trump diffuse puis retire une vidéo raciste montrant les Obama en singes

Pendant une douzaine d’heures, une vidéo montrant Barack Obama et Michelle Obama affublés de corps de singes est restée en ligne sur le compte personnel de Donald Trump sur son réseau Truth Social. Un montage qui a déclenché une onde de choc politique aux États-Unis, avant d’être finalement supprimé par la Maison Blanche, qui évoque une publication « par erreur » d’un « employé ».

Une publication restée en ligne près de douze heures

La séquence, d’un peu plus d’une minute, reprenait des allégations infondées de fraude lors de l’élection présidentielle de 2020, que Donald Trump continue d’affirmer avoir remportée. À la toute fin de la vidéo, apparaît brièvement un montage des époux Obama, visages hilares incrustés sur des corps de primates, dans un décor de jungle.

Initialement diffusé par le site d’extrême droite Patriot News Outlet, le contenu a été partagé à deux reprises par le président américain. Face à la polémique grandissante, un haut responsable de l’exécutif a finalement déclaré à l’AFP qu’« un employé de la Maison Blanche avait publié ce contenu par erreur » et qu’il avait été retiré. Aucune précision n’a été donnée sur l’identité de cet employé ni sur les modalités de gestion du compte présidentiel.

Une défense hésitante de la Maison Blanche

Dans un premier temps, la porte-parole Karoline Leavitt avait dénoncé une « fausse indignation », accusant les médias d’exagérer la portée du montage. Elle faisait référence à un dessin animé pro-Trump représentant le président en « roi de la jungle » face à ses adversaires démocrates.

Mais le passage incriminé celui montrant les Obama en primates n’apparaissait que dans la vidéo complotiste sur la fraude électorale, et non dans l’ensemble du dessin animé évoqué par la porte-parole. Devant l’ampleur des critiques, l’exécutif a finalement changé de ligne et reconnu une publication « erronée ».

Une indignation transpartisane

La réaction a été immédiate, y compris dans le camp conservateur. Le sénateur républicain Tim Scott, seul élu noir du parti à la chambre haute, a qualifié le montage de « chose la plus raciste » qu’il ait vue sortir de la Maison Blanche et demandé son retrait. Son collègue du Mississippi, Roger Wicker, a jugé le contenu « totalement inacceptable » et estimé que Donald Trump « devrait s’excuser ».

Du côté démocrate, le chef de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a dénoncé un acte « ignoble », tandis que le gouverneur de Californie Gavin Newsom a fustigé un « comportement indigne ».

Une animosité ancienne

Donald Trump entretient depuis des années une hostilité personnelle envers Barack Obama, qu’il désigne fréquemment par son deuxième prénom, « Hussein », et qu’il a longtemps ciblé par des théories complotistes sur sa nationalité. L’an dernier encore, il avait diffusé une vidéo générée par intelligence artificielle montrant l’ancien président arrêté dans le Bureau ovale.

La nouvelle polémique s’inscrit dans un climat politique déjà tendu, marqué par la persistance des accusations de fraude électorale liées à Dominion Voting Systems et par une rhétorique régulièrement dénoncée comme clivante, voire racialisée.

Si la Maison Blanche invoque une « erreur », la séquence met en lumière le fonctionnement hybride du compte personnel de Donald Trump sur Truth Social, à la fois outil de communication institutionnelle et tribune politique sans filtre.

Au-delà du retrait de la vidéo, l’affaire relance le débat sur les limites de la communication présidentielle à l’ère des réseaux sociaux et sur la normalisation d’un langage politique de plus en plus agressif.

Paul Lamier Grandes Lignes

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