Au troisième jour d’un conflit aux ramifications régionales, Donald Trump assume l’hypothèse d’une guerre qui pourrait durer plusieurs semaines. Tandis que les frappes américaines et israéliennes se poursuivent, l’Iran étend ses ripostes dans le Golfe et au Levant, faisant planer le spectre d’un embrasement généralisé.
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Une guerre appelée à durer
Depuis Washington, le président américain a affirmé envisager un conflit de « quatre à cinq semaines », tout en laissant entendre que les États-Unis pourraient aller au-delà si nécessaire. L’option d’un engagement terrestre n’a pas été exclue.
Sur le terrain, les opérations aériennes se multiplient. L’armée israélienne affirme avoir frappé plusieurs infrastructures stratégiques à Téhéran, dont le siège de la radio-télévision publique iranienne (IRIB). De puissantes explosions ont été entendues dans plusieurs quartiers de la capitale.
Côté iranien, les autorités affichent une détermination intacte malgré la mort de nombreux responsables politiques et militaires ces derniers jours, dont le guide suprême Ali Khamenei. Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a assuré que l’Iran se battrait « quel que soit le prix ».
Le détroit d’Ormuz au cœur de la tempête
La dimension maritime du conflit inquiète particulièrement les marchés. Les Gardiens de la révolution ont revendiqué l’attaque d’un pétrolier présenté comme lié aux États-Unis dans le détroit d’Ormuz. Un général iranien a menacé de « brûler tout navire » tentant de franchir ce passage stratégique.
Ormuz concentre près d’un cinquième du commerce mondial de pétrole. Sa fermeture de facto, même partielle, pèse immédiatement sur les prix des hydrocarbures et sur les Bourses internationales.
Les pays du Golfe, qui abritent plusieurs bases américaines, ont été directement touchés. Des frappes de drones ont visé des installations énergétiques au Qatar et aux Émirats arabes unis. À Abou Dhabi, un site de stockage de carburant a été incendié. L’aéroport de Dubaï a suspendu ses vols.
Le Liban et Israël sur un nouveau front
Le conflit s’étend également au Liban. Le Hezbollah a lancé des attaques en soutien à Téhéran, provoquant une riposte massive d’Israël. L’armée israélienne a appelé les habitants de plusieurs villages du sud du Liban à évacuer.
Le gouvernement libanais a proclamé l’interdiction immédiate des activités militaires de la milice chiite, redoutant une nouvelle guerre dévastatrice après celle de 2023-2024. Les tensions internes au Liban s’en trouvent exacerbées.
En Israël, les autorités ont prolongé la fermeture des écoles et l’interdiction des rassemblements publics. Des missiles et drones iraniens continuent de viser le territoire israélien, avec des explosions entendues à Jérusalem.
Les bases occidentales sous pression
Au-delà du Golfe, une base britannique à Chypre a été visée par des drones en provenance du Liban. L’un d’eux a touché une piste, entraînant des évacuations. Le Royaume-Uni et d’autres alliés occidentaux renforcent leurs dispositifs de sécurité.
L’armée américaine a annoncé la mort de six militaires depuis le début des hostilités. Trois avions de combat américains se sont écrasés au Koweït, abattus par erreur par la défense aérienne locale selon Washington.
Les capitales du Golfe ont averti qu’elles se réservaient le droit de riposter à toute attaque supplémentaire. Les autorités iraniennes, elles, revendiquent des dizaines de frappes contre des cibles stratégiques américaines et israéliennes.
Dans les rues de Téhéran, des rassemblements ont été organisés en hommage à Ali Khamenei. La population oscille entre mobilisation patriotique et inquiétude face à l’intensité des bombardements.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que les États-Unis « aimeraient » voir le peuple iranien renverser son gouvernement, tout en précisant que ce n’était pas l’objectif officiel de la guerre.
Un conflit aux conséquences imprévisibles
Ce qui se dessine dépasse désormais une confrontation bilatérale. Entre frappes aériennes, menaces sur les voies maritimes, implication du Hezbollah et tensions dans le Golfe, le conflit prend une dimension systémique.
Les marchés financiers vacillent, les flux énergétiques sont menacés et les puissances régionales recalculent leurs positions. La perspective d’une guerre prolongée, assumée par Washington, introduit une incertitude durable.
Max Betto Grandes Lignes











