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Trump inscrit des groupes antifa européens sur la liste terroriste

Trump inscrit des groupes antifa européens sur la liste terroriste

Lecture 03 min. Publié le 14 novembre 2025 

La Maison-Blanche a ajouté quatre mouvements d’extrême gauche d’Allemagne, d’Italie et de Grèce à sa liste des organisations terroristes étrangères. Une décision lourde de conséquences, annoncée dans un climat politique déjà tendu aux États-Unis comme en Europe.

Un décret après l’assassinat de Charlie Kirk

L’annonce est tombée depuis Washington : le président américain a signé un décret plaçant plusieurs groupes se réclamant de l’« antifa » sur la liste des Foreign Terrorist Organizations (FTO). La mesure intervient deux jours après l’assassinat du populiste américain Charlie Kirk même si aucune preuve ne relie l’auteur présumé du meurtre à ces mouvances.

Dans le texte rendu public, l’administration affirme vouloir cibler des groupes qualifiés de « militants », « anarchistes » ou « anticapitalistes ».

Antifa-Ost, le noyau dur allemand

Parmi les organisations visées, « Antifa-Ost », groupe d’extrême gauche allemand, occupe une place centrale. Washington l’accuse d’avoir mené entre 2018 et 2023 « de nombreuses attaques contre des personnes identifiées comme fascistes » et d’avoir participé à une série d’agressions à Budapest en 2023.

Ce réseau, déjà dans le viseur de la Hongrie, est surtout connu en Allemagne pour ses opérations violentes. Ses membres ont été impliqués dans plusieurs attaques au marteau contre des néonazis en Saxe et en Thuringe d’où leur surnom dans la presse allemande : « le gang du marteau ».

Des groupes italiens et grecs également visés

L’administration américaine place aussi sur sa liste noire la Fédération anarchiste informelle d’Italie (FAI), accusée d’avoir envoyé des colis piégés à des dirigeants de banque, des responsables politiques et des représentations diplomatiques.

En Grèce, deux organisations sont désormais considérées comme terroristes par les États-Unis :

  • Justice prolétarienne armée,
  • Autodéfense de classe révolutionnaire.

Les autorités américaines leur attribuent plusieurs explosions entre 2023 et 2025, ciblant notamment le ministère du Travail à Athènes et des unités de police anti-émeute.

Une liste américaine, mais une portée internationale

Aucun des groupes ciblés n’est actif aux États-Unis, mais la Maison-Blanche justifie sa décision par « le caractère transnational » de leurs actions. L’inscription sur la liste FTO entraîne une série de conséquences : gel des avoirs, poursuites judiciaires pour toute personne leur apportant un soutien matériel, et restrictions pour les partenaires européens.

La décision intervient alors que plusieurs pays européens débattent déjà de leur propre stratégie face à l’ultragauche violente, alimentant une discussion sensible sur les limites de l’action politique et le recours à la violence.

Un signal politique à la fois interne et externe

En frappant des organisations étrangères, Washington envoie un message double : réaffirmer sa ligne de fermeté à l’intérieur, tout en incitant ses alliés européens à revoir leur approche face aux mouvements radicaux. Cette décision place également sur le devant de la scène les réseaux antifa transnationaux, dont les activités restent difficiles à surveiller pour les services de renseignement.

Paul Lamier Grandes Lignes

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