Longtemps opposé à la publication des archives du prédateur sexuel Jeffrey Epstein, Donald Trump s’aligne finalement sur le Congrès et appelle à tout rendre public. Une volte-face spectaculaire qui ouvre une brèche au sein du Parti républicain et relance un dossier explosif au cœur de Washington.
Une pression politique devenue intenable
Pendant des mois, la Maison-Blanche a tenté d’empêcher un vote sur la déclassification des dossiers Epstein. Mais la dynamique au Congrès était irréversible : une pétition signée par une majorité d’élus dont quatre républicains a rendu le vote obligatoire.
Acculé, Trump retourne sa position et affirme que son camp « n’a rien à cacher ». Un changement plus tactique que spontané, destiné à reprendre la main sur une séquence difficile.
Les courriels qui ont rallumé l’affaire
Le déclencheur vient de trois courriels révélés par des élus démocrates, mentionnant Trump dans la correspondance d’Epstein.
En réaction, les républicains publient plus de 20 000 autres mails, exposant les liens du financier déchu avec de nombreuses personnalités publiques. Le débat change d’échelle et redevient un enjeu national.
Trump tente de reprendre la main en réclamant une enquête sur Bill Clinton et d’autres figures démocrates. Sans succès : les lignes au sein de son propre parti ont déjà bougé.
Un parti qui se fissure en pleine lumière
Thomas Massie, élu républicain du Kentucky, refuse de céder aux pressions du président.
Il avertit ses collègues : « Le vote restera dans l’histoire. En 2030, Trump ne pourra plus vous protéger. »
Son appel trouve un écho. Selon plusieurs estimations, près d’une centaine d’élus républicains seraient désormais prêts à voter pour la publication.
Une situation inédite depuis l’arrivée de Trump au pouvoir.
Rupture ouverte avec Marjorie Taylor Greene
Le choc politique du week-end vient de là : Trump renonce publiquement à soutenir Marjorie Taylor Greene, figure centrale du mouvement MAGA et jusque-là l’une de ses alliées les plus bruyantes.
Il la qualifie de « traîtresse », la ridiculise en ligne et coupe tout lien politique.
Greene répond sur CNN, évoquant une « mise en danger » et accusant le président d’alimenter les menaces à son encontre.
Une scène rare : l’une des voix les plus loyales du trumpisme se retourne contre lui.
Epstein, un dossier devenu test politique
La bataille autour des dossiers Epstein dépasse largement la figure du financier.
Elle concentre :
- les rivalités internes du parti,
- la guerre d’influence entre modérés et trumpistes,
- les inquiétudes d’élus qui pensent déjà à l’après-Trump,
- et la crainte d’être associés à une affaire qui touche à la question la plus toxique en politique américaine : l’exploitation sexuelle de mineurs.
Pour Trump, se mettre en tête de cortège est devenu la seule option pour ne pas paraître sur la défensive.
Une séquence qui pourrait laisser des traces durables
Le vote prévu à la Chambre devrait passer. Ensuite, le texte devra être approuvé par le Sénat avant d’atterrir sur le bureau du président.
Mais quel que soit le résultat final, la fracture est visible :
le Parti républicain se divise ouvertement autour d’un dossier qui n’a pas fini de bousculer la vie politique américaine.
Paul Lamier Grandes Lignes avec (AFP)











