L’Union africaine entame une nouvelle séquence. Le président burundais Évariste Ndayishimiye a officiellement pris la présidence tournante de l’Union africaine** pour un mandat d’un an, succédant à son homologue angolais João Lourenço. La passation s’est déroulée à Addis-Abeba, au siège de l’organisation continentale, dans un contexte régional et international chargé.
Fin du sommet de l’Union africaine : fermeté contre les putschs, silence sur certaines crises
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Agenda 2063 en ligne de mire
Dès son discours d’investiture, Ndayishimiye a placé l’Agenda 2063 au cœur de son mandat. Eau et assainissement, jeunesse, participation des femmes à la paix et au développement : le Burundi entend imprimer sa marque sur des dossiers à fort impact social.
Il a également promis d’accélérer l’initiative « Faire taire les armes d’ici 2030 », symbole de l’ambition panafricaine de stabiliser durablement le continent.
« Le Burundi exercera cette présidence dans un esprit d’écoute, d’impartialité et de coopération », a-t-il affirmé, insistant sur la recherche permanente du consensus.
Un mandat sous tension géopolitique
Cette prise de fonction intervient alors que l’Afrique fait face à une multiplication des crises :
– Est de la RDC ;
– Instabilité au Sahel ;
– Conflits en Libye et au Soudan ;
– Urgences humanitaires et climatiques.
Le président burundais a rappelé que la paix demeure la condition indispensable au développement. Son message : consolider les acquis de l’UA tout en renforçant son efficacité institutionnelle.
Continuité avec la présidence angolaise
Sous l’impulsion de João Lourenço, l’Union africaine avait engagé un chantier de rationalisation : simplification des réunions, amélioration des processus décisionnels et réformes internes.
Ndayishimiye s’inscrit dans cette dynamique, promettant de poursuivre les efforts pour accroître la cohérence et la crédibilité de l’organisation.
Pour la première fois depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine en 1963, le Burundi accède à la présidence tournante. Un symbole fort pour un pays longtemps en retrait sur la scène diplomatique continentale.
Mais le défi est immense : mutations géopolitiques mondiales, remise en question du multilatéralisme, rivalités d’influence.
L’Union africaine veut parler d’une seule voix. La présidence burundaise sera jugée sur sa capacité à transformer les déclarations en résultats concrets.
Paul Lamier Grandes Lignes












