11 Fév 2026, mer

Iran–États-Unis : Téhéran prêt à diluer son uranium à 60 % en échange d’une levée totale des sanctions

Iran–États-Unis Téhéran prêt à diluer son uranium à 60 % en échange d’une levée totale des sanctions

L’Iran rouvre la porte à un compromis nucléaire. Au moment où les discussions indirectes avec Washington reprennent, Téhéran affirme être disposé à réduire son stock d’uranium enrichi à 60 %, mais pose une condition claire : la levée « de toutes les sanctions ».

Un signal d’ouverture sous conditions

Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Mohammad Eslami, a indiqué que la dilution de l’uranium hautement enrichi dépendrait d’un allègement complet des sanctions. L’agence officielle Irna a rapporté ses propos, sans préciser si cette exigence visait uniquement les mesures américaines ou l’ensemble des sanctions internationales.

Avant les frappes israélo-américaines de juin 2025 sur ses installations nucléaires, l’Iran enrichissait l’uranium à 60 %, un niveau très supérieur à la limite de 3,67 % fixée par l’accord nucléaire de 2015 aujourd’hui caduc. Une dilution ramènerait ce taux à un niveau inférieur, réduisant théoriquement les inquiétudes sur une éventuelle militarisation.

60 %, 90 % : comprendre les seuils

Enrichi entre 3 % et 5 %, l’uranium sert à produire de l’électricité dans les centrales nucléaires. À 20 %, il peut être utilisé pour des isotopes médicaux. Mais pour fabriquer une arme nucléaire, l’enrichissement doit atteindre environ 90 %.

Selon Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran demeure le seul État non doté de l’arme nucléaire à enrichir à 60 %. L’organisation estime que Téhéran dispose de plus de 400 kg d’uranium hautement enrichi un volume qui, en théorie, pourrait permettre la fabrication de plusieurs bombes si le taux était porté à 90 %.

L’Iran nie toute ambition militaire et affirme exercer son droit au nucléaire civil dans le cadre du Traité de non-prolifération (TNP), dont il est signataire.

Washington ferme la porte à l’enrichissement

Du côté américain, la ligne reste dure. Le président Donald Trump a plusieurs fois exigé une interdiction totale de l’enrichissement iranien une position jugée inacceptable par Téhéran, qui y voit une remise en cause de sa souveraineté énergétique.

Cette divergence stratégique complique toute relance formelle de l’accord de 2015, déjà fragilisé par le retrait américain en 2018 puis par l’escalade progressive des activités nucléaires iraniennes.

Une négociation à haut risque

L’offre iranienne de dilution constitue un geste tactique, mais elle ne règle pas le cœur du désaccord : le droit à l’enrichissement.

Pour Washington, l’objectif demeure d’empêcher l’Iran d’approcher le seuil nucléaire.

Pour Téhéran, l’enjeu est d’obtenir un allègement durable des sanctions qui pèsent lourdement sur son économie.

Entre ces deux lignes rouges, la marge de compromis reste étroite.

La reprise des discussions pourrait ouvrir une fenêtre diplomatique. Mais dans un climat régional tendu et marqué par une méfiance persistante, chaque concession sera scrutée comme un test de crédibilité stratégique.

Max Betto Grandes Lignes

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