6 Mai 2026, mer

La spirale politique de Kabila dans le collimateur du pouvoir de Kinshasa

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L’ex-président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, ne serait plus en sécurité dans le pays, nous confie un proche.

Alerté en février dernier par ses services de renseignement sur des manœuvres se tramant contre lui, il aurait été informé de tentatives visant à le mettre en résidence surveillée, voire à l’éliminer physiquement. Face à cette menace grandissante, Kabila a pris la décision de quitter précipitamment le pays.

Après avoir traversé Lubumbashi et la Zambie, il a trouvé refuge en Afrique du Sud, puis en Namibie. Depuis son départ, l’ex-président multiplie les interviews où il critique ouvertement le pouvoir en place à Kinshasa, n’hésitant pas à fustiger ses actions et à dénoncer ce qu’il perçoit comme une atteinte à ses droits.

Audition de plusieurs membres du parti par la justice

Plusieurs cadres de l’opposition, membres du Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD), ont été convoqués ce lundi 10 mars par l’Auditeur supérieur militaire.

Parmi les personnalités concernées figurent notamment le vice-président du PPRD, Aubin Minaku, le secrétaire permanent du parti, Ramazani Shadary, ainsi que son adjoint, Ferdinand Kambere. D’autres figures politiques, telles que Patrick Nkanga, Tshikej Diemu, Serge Tshibende, Aristote Ngarime, Papy Tamba, India Omari, Dunia Kilakilanga, Francine Muyumba, Papy Mbau et Lucain Kasongo, sont également citées dans cette convocation.

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Selon l’invitation qu’on peut lire sur la toile, ces derniers sont invités à éclairer la justice, sans aucun autre détail.

Cependant, d’après un communiqué du cabinet du ministère de la Justice, ces opposants sont auditionnés et interpellés, car soupçonnés de complicité avec le mouvement terroriste deAFC/M23.

Toujours d’après ce communiqué, tous les hauts responsables de ce parti interpellés sont interdits de sortir du territoire national, jusqu’à nouvel ordre.

La convocation judiciaire de plusieurs cadres du PPRD intervient dans un climat de fortes tensions entre ce parti d’opposition extraparlementaire et le pouvoir en place.

Ces derniers jours, le président Félix Tshisekedi et le ministre de la Défense, Jean-Pierre Bemba, ont directement mis en cause Joseph Kabila, leader du PPRD, l’accusant d’être impliqué dans l’offensive des rebelles du M23 et de l’AFC dans l’Est du pays. Ils l’ont également désigné comme l’instigateur de la milice Mobondo, active dans le Grand Bandundu.

Face à ces accusations, l’ancien président a réagi lors d’une interview accordée au journal sud-africain Sunday Times le 23 février dernier. Selon lui, l’insécurité persistante en RDC découle principalement d’une mauvaise gouvernance sous l’administration Tshisekedi.

Ferdinand Kambere, secrétaire exécutif national du PPRD, a également pris la parole pour défendre son camp. Il estime que les propos du chef de l’État traduisent un aveu d’échec face à l’aggravation de la crise sécuritaire dans l’Est du pays.

Le Front Commun pour le Congo (FCC)

Le président de la cellule de crise du FCC, Raymond Tshibanda, dénonce la convocation des membres du PPRD par la justice militaire, qu’il qualifie de manœuvre visant à intimider l’opposition.

Il accuse le président Félix Tshisekedi et Jean-Pierre Bemba d’être à l’origine d’une campagne de diffamation contre Joseph Kabila. Le FCC rejette les accusations de complicité avec l’AFC/M23 et condamne la violation de la présomption d’innocence ainsi que l’interdiction de sortie du territoire imposée à ses cadres. Il fustige enfin l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

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