7 Mai 2026, jeu

Mali : arrestations, soupçons de complot et blocus, la pouvoir se durcit après les attaques

Mali arrestations, soupçons de complot et blocus, la pouvoir se durcit après les attaques

Le pouvoir malien entre dans une nouvelle phase de tension. Après les attaques coordonnées menées fin avril par le JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA), Bamako multiplie les interpellations dans les milieux politiques et militaires pendant que l’armée se réorganise en urgence.

Fragilisée par l’ampleur de l’offensive et par la mort du ministre de la Défense Sadio Camara, la junte tente désormais de reprendre le contrôle d’un pays plongé dans une séquence sécuritaire et politique particulièrement instable.

Une vague d’interpellations dans un climat de suspicion

Depuis plusieurs jours, des opposants, des civils et des militaires sont arrêtés ou portés disparus dans différentes zones sous contrôle des autorités.

Parmi les personnalités visées figurent notamment Me Mountaga Tall, Youssouf Daba Diawara ou encore Moussa Djiré. Les autorités soupçonnent certains d’entre eux de liens avec des opposants en exil ou de participation à des réseaux cherchant à déstabiliser le régime.

Le parquet militaire affirme également avoir découvert des éléments de “complicité” impliquant certains soldats dans la préparation des attaques du 25 avril.

Cette atmosphère de méfiance traduit la nervosité croissante du pouvoir après les revers subis sur le terrain.

Un nouveau chef pour l’armée

Dans ce contexte, la junte a nommé un nouveau chef d’état-major général des armées. Le général Elisé Jean Dao remplace le général Oumar Diarra, dont il était jusqu’ici l’adjoint.

Ce changement intervient alors qu’Assimi Goïta cumule désormais les fonctions de chef de la transition et de ministre de la Défense après la mort de Sadio Camara dans un attentat suicide à Kati.

Le pouvoir cherche ainsi à restructurer rapidement l’appareil militaire au moment où plusieurs villes du nord échappent désormais au contrôle de Bamako.

Le blocus de Bamako commence à produire ses effets

Sur le terrain, le blocus imposé par le JNIM autour de la capitale perturbe progressivement les flux commerciaux et logistiques.

Plusieurs axes routiers restent sous pression et de nombreux transporteurs refusent désormais de circuler sans escorte militaire. Des marchandises sont bloquées à certaines frontières, notamment du côté du Sénégal.

Le géant du transport Maersk a suspendu plusieurs lignes vers Bamako, signe que la crise commence à affecter les circuits économiques régionaux.

Dans un pays largement dépendant des importations routières, cette pression pourrait rapidement peser sur l’approvisionnement de la capitale.

Une junte sous pression politique et militaire

Les attaques des 25 et 26 avril ont profondément ébranlé le pouvoir malien. Au-delà des pertes humaines, elles ont révélé la capacité du JNIM et du FLA à coordonner des offensives simultanées sur plusieurs fronts.

Le discours du JNIM appelant à un “front commun” contre la junte confirme que les groupes armés cherchent désormais à transformer leur progression militaire en dynamique politique.

Face à cette menace, Bamako répond par un durcissement sécuritaire, des restructurations internes et une surveillance accrue des oppositions.

Mais malgré ces mesures, le pouvoir apparaît confronté à une crise qui dépasse désormais le seul terrain militaire.

Max Betto grandes Lignes

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