Le Portugal a tranché. Au terme d’un second tour tendu, le socialiste modéré António José Seguro s’impose largement face au leader d’extrême droite André Ventura. Une victoire nette qui ne masque pas la progression continue du parti Chega, désormais installé comme force centrale du paysage politique portugais.
Un score sans appel
Avec 66 % des suffrages, António José Seguro distance largement André Ventura, crédité de 34 %, selon des résultats portant sur l’immense majorité des circonscriptions.
À 63 ans, l’ancien secrétaire général du Parti socialiste succédera le 9 mars au président sortant Marcelo Rebelo de Sousa, en fonction depuis dix ans.
Dans son discours, le président élu a salué « l’attachement du peuple portugais aux valeurs de liberté et de démocratie », se posant en garant de la stabilité institutionnelle.
Face à lui, Ventura a reconnu sa défaite tout en soulignant la « progression nette » de son camp, confirmant l’enracinement de Chega comme première force d’opposition après les législatives de 2025.
Un vote au-delà du symbole
Si la présidence portugaise reste essentiellement arbitrale, elle n’est pas dénuée de poids. Le chef de l’État peut dissoudre le Parlement et convoquer des élections anticipées en cas de blocage.
Or le gouvernement minoritaire dirigé par Luís Montenegro ne dispose toujours pas d’une majorité stable. Il navigue entre alliances ponctuelles avec les socialistes et appuis circonstanciels de l’extrême droite.
Dans ce contexte fragmenté, le nouveau président pourrait rapidement devenir un acteur clé en cas de crise institutionnelle.
Ventura consolide sa percée
Si la victoire de Seguro est confortable, le score d’André Ventura confirme une dynamique installée. Son parti Chega (« Assez ») s’est imposé comme une alternative structurée à droite, capitalisant sur un discours de rupture avec « 50 ans de système ».
La qualification au second tour avec plus de 23 % des voix au premier tour avait déjà marqué un tournant. Ce nouveau résultat renforce les ambitions du leader populiste, qui évoque désormais une « reconfiguration du leadership à droite ».
Une campagne perturbée par les tempêtes
La séquence électorale a été marquée par des tempêtes meurtrières ayant frappé le pays, conduisant au report du scrutin dans plusieurs circonscriptions. Malgré ces perturbations, la participation devrait rester proche du taux du premier tour (47,7 %), le plus élevé depuis 2006.
Entre stabilité démocratique revendiquée et recomposition politique en cours, cette présidentielle confirme une réalité : le Portugal demeure attaché à son ancrage institutionnel, mais la poussée populiste continue de remodeler son paysage politique.
La victoire d’António José Seguro referme une campagne polarisée et offre au Portugal un président de consensus. Mais l’ascension d’André Ventura rappelle que l’équilibre politique du pays reste mouvant.
Le scrutin consacre la continuité institutionnelle. Il ouvre aussi une nouvelle phase de recomposition à droite.
Max Betto Grandes Lignes











