À Pékin, Vladimir Poutine et Xi Jinping ont surtout parlé du Moyen-Orient, de l’ordre mondial et du renforcement de leur partenariat stratégique. L’Ukraine, pourtant au cœur des tensions entre la Russie et l’Occident depuis plus de trois ans, est restée largement en arrière-plan des discussions publiques.
Dans la Grande Salle du Peuple, Xi Jinping a accueilli Vladimir Poutine comme un allié stratégique majeur.
Le président russe a évoqué un partenariat « particulièrement nécessaire » dans le contexte international actuel, tandis que Xi a dénoncé une « hégémonie unilatérale » qui ferait, selon lui, « des ravages » dans le monde.
Les deux dirigeants ont affiché leur volonté de construire un « ordre mondial plus juste », dans un discours directement tourné contre l’influence occidentale et américaine.
Vladimir Poutine en Chine
Le Moyen-Orient au centre des discussions
Contrairement aux attentes européennes, le conflit ukrainien n’a pas dominé les échanges publics entre les deux dirigeants.
Xi Jinping a surtout insisté sur la situation au Moyen-Orient, qualifiée de « moment critique » nécessitant une désescalade rapide.
Le président chinois a réaffirmé sa proposition en quatre points pour stabiliser la région, mettant en avant la coexistence pacifique, la souveraineté nationale et le respect du droit international.
Moscou s’est également positionné comme intermédiaire potentiel entre Washington et Téhéran, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov affirmant que la Russie était prête à faciliter des discussions entre les États-Unis et l’Iran.
L’Europe espérait un signal sur l’Ukraine
À Berlin comme à Bruxelles, plusieurs responsables européens espéraient que Xi Jinping utiliserait son influence pour pousser Vladimir Poutine vers des négociations sur l’Ukraine.
Le chancelier allemand Friedrich Merz avait publiquement exprimé cet espoir avant le sommet.
Mais les déclarations officielles publiées après la rencontre n’ont montré aucun changement notable dans la position chinoise.
Pékin continue de maintenir une posture officiellement neutre tout en préservant un partenariat stratégique étroit avec Moscou.
La Chine reste le soutien majeur de Moscou
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la Chine est devenue le principal partenaire international de la Russie.
Son soutien économique, commercial et diplomatique a permis au Kremlin d’amortir une partie de l’impact des sanctions occidentales.
Même sans soutien militaire direct officiellement assumé, Pékin reste un facteur central dans la capacité de Moscou à poursuivre la guerre sur la durée.
Cette réalité continue d’inquiéter les capitales occidentales.
Vers un axe sino-russe renforcé
Au cours de cette visite, Moscou et Pékin doivent signer près de quarante documents de coopération.
Parmi eux figurent plusieurs accords liés au partenariat stratégique, à la coopération militaire et à la vision commune d’un « monde multipolaire ».
Le traité de bon voisinage et de coopération signé initialement en 2001 entre les deux pays a également été prolongé.
Ce texte structure depuis plus de vingt ans les relations politiques, économiques et sécuritaires entre la Chine et la Russie.
Un message adressé à Washington et à l’Europe
Le sommet envoie surtout un signal géopolitique clair : malgré les sanctions occidentales et la guerre en Ukraine, Moscou et Pékin affichent une coordination de plus en plus étroite.
La Chine ne semble pas prête à abandonner son partenaire russe.
Et pendant que Washington, Moscou et Pékin redessinent progressivement leurs rapports de force mondiaux, l’Europe apparaît toujours à la recherche d’un véritable levier stratégique capable d’influencer l’évolution du conflit ukrainien.












