22 Août 2026, sam

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Mandat d’arrêt contre Netanyahou : la tension monte entre Israël et la Turquie

Mandat d’arrêt contre Netanyahou la tension monte entre Israël et la Turquie

ParGrandes LignesAFP

Ankara a émis un mandat d’arrêt international contre Benyamin Netanyahou dans le cadre d’une enquête liée à l’interception d’une flottille pour Gaza. La riposte israélienne a été immédiate et particulièrement virulente, sur fond de tensions croissantes entre les deux puissances autour de la Syrie.

La confrontation entre la Turquie et Israël ne se limite plus aux désaccords diplomatiques sur Gaza. Vendredi 21 août, les échanges entre Recep Tayyip Erdogan et Benyamin Netanyahou ont atteint un nouveau degré de tension, mêlant procédures judiciaires, accusations personnelles et rivalités stratégiques en Syrie.

La Turquie a annoncé l’émission d’un mandat d’arrêt international contre le Premier ministre israélien ainsi que contre Afek Moskovitch, présenté dans l’acte d’accusation comme un officier israélien déployé à Gaza.

La procédure est liée à l’interception, en mai, de la « Global Sumud Flotilla », partie de Turquie pour tenter de rejoindre la bande de Gaza.

Ankara poursuit Netanyahou pour « génocide »

La justice turque retient une série d’accusations particulièrement lourdes contre Benyamin Netanyahou, parmi lesquelles « crimes contre l’humanité », « génocide », « privation aggravée de liberté », « torture » et « destruction de biens ».

Environ 430 militants se trouvaient à bord d’une cinquantaine de bateaux lorsque la flottille avait été interceptée par les forces israéliennes en Méditerranée, à l’ouest de Chypre. Les participants avaient ensuite été conduits en Israël, détenus avant d’être expulsés.

Afek Moskovitch est pour sa part mis en cause notamment pour des images publiées sur Instagram qui montreraient des véhicules militaires détruisant des installations de l’Université islamique de Gaza.

Ce n’est pas la première fois que la justice turque vise directement le dirigeant israélien. En novembre 2025, des mandats d’arrêt avaient déjà été émis contre Benyamin Netanyahou et plusieurs responsables israéliens pour des accusations liées à la conduite de la guerre à Gaza.

La Syrie devient un autre point de confrontation

À la bataille judiciaire s’ajoute désormais une rivalité beaucoup plus stratégique : la Syrie.

Mardi, des frappes ont touché une base aérienne située dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest du pays, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière turque. Damas les a attribuées à Israël.

Israël affirme qu’une délégation officielle turque s’était rendue sur cette base et prévient qu’il n’acceptera pas l’installation de forces turques qui pourraient constituer, selon lui, une menace pour sa sécurité.

Ankara dément que des militaires turcs aient été présents sur le site au moment de l’attaque. Le gouvernement turc affirme cependant qu’il continuera à défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté syriennes.

La présidence turque a également indiqué ne pas envisager de riposte militaire, affirmant ne pas vouloir tomber dans ce qu’elle considère comme un « piège » tendu par Benyamin Netanyahou.

Israël qualifie Erdogan de « dictateur antisémite »

La réaction israélienne au mandat d’arrêt turc a été particulièrement dure.

Le bureau du Premier ministre a qualifié Recep Tayyip Erdogan de « dictateur antisémite », l’accusant notamment d’avoir réprimé les Kurdes, soutenu le Hamas et opprimé la population turque.

Israël accuse également Ankara de chercher à étendre son influence en Syrie au détriment de ses intérêts sécuritaires et assure qu’il continuera à s’opposer aux initiatives turques qu’il considère comme déstabilisatrices.

La présidence turque a répliqué en accusant Benyamin Netanyahou d’utiliser la Turquie comme adversaire extérieur à des fins de politique intérieure, à l’approche des élections législatives israéliennes prévues en octobre.

Deux puissances régionales désormais face à face

Les relations entre les deux pays ont connu de nombreuses crises, malgré plusieurs tentatives de rapprochement. La Turquie avait pourtant été le premier État à majorité musulmane à reconnaître Israël, en 1949.

Depuis le début de la guerre à Gaza consécutive aux attaques du 7 octobre 2023, Recep Tayyip Erdogan a considérablement durci son discours contre le gouvernement israélien.

La Syrie ajoute aujourd’hui une nouvelle dimension au contentieux. Ankara considère le pays comme une zone essentielle à sa sécurité et à son influence régionale, tandis qu’Israël entend empêcher l’installation à proximité de ses frontières de forces militaires qu’il considère comme hostiles.

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